L'action Ontex reprend 5,24 % à la clôture après un recul hebdomadaire de 28 %
Le titre du fabricant belge de produits d'hygiène Ontex Group clôture sur un rebond technique de près de 7 % ce mercredi 17 décembre, à 4,70 euros, après avoir touché lundi un plus bas à 4,39 euros. Ce sursaut intervient dans un contexte de survente extrême, mais ne masque pas l'effondrement de 27 % en une semaine, consécutif au troisième avertissement sur résultats en deux ans publié le 11 décembre. Les volumes restent limités, à seulement 0,28 % du capital échangé, reflétant une défiance persistante des investisseurs.
Un rebond technique fragile après un avertissement brutal
L'action Ontex Group affiche un gain de 5,24 % en clôture ce mercredi 17 décembre, terminant la séance à 4,62 euros, après avoir atteint un plancher à 4,39 euros lundi, désormais identifié comme support technique immédiat. Les volumes échangés demeurent faibles, avec seulement 0,28 % du capital traité, traduisant une activité modérée qui ne permet pas de conclure à un retournement durable de tendance. Sur une semaine, le titre accuse un effondrement de 28,37 %, tandis que les performances trimestrielle et annuelle s'établissent respectivement à -25,96 % et -43,8 %, plaçant Ontex parmi les plus fortes baisses du marché européen.Le 11 décembre dernier, le groupe belge avait provoqué un choc en abaissant son objectif d'EBITDA ajusté 2025 à une fourchette de 175 à 180 millions d'euros, contre 200 à 210 millions attendus précédemment, soit une révision d'environ 13 % au point médian. Cette dégradation résulte d'une demande plus faible que prévu pour les couches pour bébés en octobre et novembre, et de volumes inférieurs aux attentes sur les nouveaux contrats en Europe et en Amérique du Nord. Le chiffre d'affaires à périmètre comparable devrait désormais reculer de 5 à 6 %, contre 1 à 3 % anticipé auparavant, accentuant les inquiétudes sur la solidité du modèle. Le ratio d'endettement grimpe à 3,2 fois l'EBITDA contre 2,5 fois attendu, alourdissant les préoccupations sur la structure financière du groupe dans un environnement marqué par une consommation atone des marques de distributeurs et une intensification des promotions par les grandes marques.
Survente extrême et flux monétaires négatifs : la défiance persiste
Le RSI (Relative Strength Index), indicateur de force relative, s'établit à 17, un niveau très largement inférieur au seuil de survente fixé à 30, témoignant d'un épuisement marqué de la pression vendeuse et d'une situation de survente extrême. Ce niveau exceptionnellement bas suggère que le titre a été massivement bradé et qu'un rebond technique, même limité, devient statistiquement probable à court terme, comme observé ce mercredi. Toutefois, un RSI bas ne garantit en rien un retournement durable et peut persister plusieurs séances dans un marché orienté structurellement à la baisse.Le flux monétaire de Chaikin (CMF), à -0,32, confirme quant à lui une pression vendeuse persistante et soutenue, indiquant que les volumes échangés continuent d'accompagner la baisse malgré le rebond de ce jour. Cet indicateur, qui mesure l'accumulation ou la distribution d'un titre sur une période donnée, témoigne d'une défiance institutionnelle profonde et d'une absence de retour des acheteurs structurels. Le cours actuel reste largement sous les moyennes mobiles de référence : 6,07 euros pour la MM20, 6,19 euros pour la MM50 et 6,96 euros pour la MM200, soit un écart de plus de 30 % avec cette dernière, confirmant une tendance baissière de fond. La volatilité sur un mois atteint 24,19 %, un niveau élevé qui traduit l'incertitude persistante autour de la capacité d'Ontex à stabiliser son activité.
Plan d'économies de 200 millions d'euros et changement de direction en vue
Face à la dégradation continue de son environnement de marché, Ontex a annoncé le 11 décembre l'accélération d'une initiative d'amélioration de l'efficacité couvrant les opérations et les frais généraux, avec un objectif ambitieux de 200 millions d'euros d'économies sur trois ans. Les coûts de mise en œuvre de ce plan devraient rester inférieurs à 40 millions d'euros. Cette offensive sur les coûts vise à restaurer la compétitivité du groupe et à soutenir l'amélioration des marges ainsi que la génération de flux de trésorerie, dans un contexte de recul structurel des volumes.Parallèlement, le conseil d'administration a désigné Laurent Nielly, actuellement président de la division Europe, comme prochain directeur général à compter du 5 mai 2026. Il succédera à Gustavo Calvo Paz, qui aura dirigé le groupe durant une période de transformation stratégique marquée par la cession d'activités non essentielles et l'optimisation de l'empreinte opérationnelle. Ce changement de gouvernance intervient à un moment charnière où le groupe doit impérativement démontrer sa capacité à inverser la tendance et à regagner la confiance des investisseurs institutionnels. Les résultats complets et les perspectives pour 2026 seront détaillés en février prochain, date à laquelle le marché espère obtenir des signes tangibles d'amélioration opérationnelle.