Pharming abaisse sa guidance 2026 : Ruconest recule, Joenja accélère de 37 %
Pharming a abaissé sa guidance de chiffre d'affaires 2026 de 30 M$ et publié un résultat opérationnel en baisse au premier semestre. Cependant, la croissance de Joenja s'accélère et les premiers patients du produit phare Ruconest affichent une tendance à la stabilisation, tandis que le groupe prépare des lectures cliniques stratégiques pour élargir son portefeuille en immunodéficiences.
Revenus en repli et marges sous pression au premier semestre
Le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 162,7 M$ au premier semestre 2026, en recul de 6 % par rapport aux 172,3 M$ de la même période 2025. Sur le seul deuxième trimestre, les revenus ont diminué de 3 % à 90,2 M$ contre 93,2 M$ un an plus tôt.
La marge brute s'est contractée à 86,9 % au premier semestre 2026 contre 90,0 % en première moitié 2025, soit un repli de 310 points de base. Le résultat opérationnel a enregistré une perte de 3,6 M$ sur le semestre (contre un profit de 3,8 M$ en 1H 2025), tandis que la marge opérationnelle s'est dégradée à -2,2 % contre +2,2 % l'année antérieure, une détérioration de 440 points de base. En deuxième trimestre seul, le recul s'est accentué : la marge opérationnelle a chuté à 1,4 % contre 11,6 % au 2Q 2025, impact d'une dégradation liée aux décalages de volume et aux provisions de dépréciation d'inventaires de 4,9 M$.
La faiblesse des résultats a contraint le groupe à réduire sa guidance annuelle de revenus 2026 à une fourchette de 375 à 395 M$ (soit une croissance de 0 à 5 % en glissement annuel), contre une trajectoire précédente impliquant 405 à 425 M$. La révision reflète l'impact persistant du déclin de Ruconest, le produit phare du groupe.
Ruconest en baisse mais signes de stabilisation ; Joenja accélère
Ruconest, le traitement contre les crises aiguës d'angiœdème héréditaire (HAE), a enregistré un revenu de 130,7 M$ au premier semestre 2026, en baisse de 12 % par rapport aux 149,0 M$ de la même période 2025. En deuxième trimestre, la baisse s'est atténuée à -10 % (72,3 M$ contre 80,4 M$), mais le produit a enregistré une progression de 24 % en séquentiel par rapport au premier trimestre 2026.
Le groupe a mis l'accent sur la stabilisation de la base de patients actifs, demeurée à 93 % du niveau d'il y a un an, et sur la hausse notable des nouvelles admissions au deuxième trimestre, signalant une reprise de la confiance médicale malgré l'intensification de la concurrence sur le marché de l'HAE. Pharming anticipe une stabilisation des revenus de Ruconest et un retour à la croissance au second semestre 2026.
En contraste, Joenja (leniolisib), approuvé pour le traitement du déficit immunitaire avec dysrégulation PI3Kδ (APDS), a enregistré une croissance robuste, avec des revenus de 32,0 M$ au premier semestre (+37 % en glissement annuel) et 17,9 M$ au deuxième trimestre (+40 % en glissement annuel). Le nombre de patients payants aux États-Unis a augmenté de 16 % à 132 patients à fin juin 2026 contre 114 un an plus tôt. Les marchés internationaux commencent à contribuer davantage après les approbations réglementaires récentes : la Commission européenne a accordé son feu vert en mai 2026, suivi d'une première commercialisation en Allemagne le 1er juillet 2026, ainsi que des approbations au Canada et en Corée du Sud en juillet 2026.
Amélioration de la discipline opérationnelle et données cliniques attendues en Q4
Pharming a abaissé sa guidance de charges opérationnelles 2026 à 315-320 M$ (croissance de 1 à 3 %), en amélioration de 15 M$ par rapport aux attentes précédentes, grâce à la réduction des coûts structurels annoncée en octobre 2025 et à la fermeture prévue du site de production-support d'Évry (France) en quatrième trimestre 2026. Cette discipline contrebalance partiellement la pression sur les revenus.
Sur le plan clinique, Pharming prévoit de publier les données de deux essais de Phase II au quatrième trimestre 2026 évaluant le leniolisib dans les immunodéficiences primaires plus larges, dont le déficit immunitaire variable courant (CVID), qui représente une population de patients significativement plus grande que celle d'APDS. Une présentation lors de la réunion annuelle de la Clinical Immunology Society en mai 2026 a montré des améliorations cliniques et une meilleure qualité de vie chez les patients atteints de CVID traités en accès élargi.
La trésorerie et équivalents du groupe s'élevaient à 159,5 M$ à fin juin 2026 contre 181,1 M$ à fin décembre 2025, reflétant les mouvements du fonds de roulement et les paiements d'impôts. Malgré cette baisse, le groupe dispose d'une position de liquidité pour financer son portefeuille diversifié en immunodéficiences rares et pour poursuivre sa stratégie de consolidation externe en opportunités cliniques tardives.