Randstad : 63 % des entreprises misent sur le travail flexible pour recruter dans l'IA
Le groupe néerlandais de travail temporaire a publié une étude mondiale selon laquelle 63 % des organisations interrogées placent les modèles de travail flexibles (travail temporaire, indépendants, contrats de mission, temps partagé) en tête de leurs solutions pour combler leurs besoins en compétences liées à l'intelligence artificielle. Ces formules relèvent du cœur de métier de Randstad.
Annonces exigeant l'IA multipliées par plus de cinq en un an
Intitulé « Tech talent in transition: building the AI-ready workforce », le rapport repose sur 1 100 entretiens menés dans la première quinzaine d'août 2026 auprès de décideurs de 11 pays, dont la France. Il s'appuie aussi sur l'analyse, par Randstad Market Intelligence, de plus de 20 millions d'offres d'emploi et d'environ 100 millions de profils de candidats.
Selon l'étude, les annonces exigeant des compétences en IA ont été multipliées par plus de cinq sur un an. Par ailleurs, 55 % des entreprises extérieures au secteur technologique recrutent des profils disponibles à la suite des suppressions de postes dans ce secteur.
Le rapport relève que ces entreprises proposent des rémunérations supérieures à celles des groupes technologiques : la banque verse aux ingénieurs logiciels une prime médiane de 13 %, tandis que la santé et les sciences de la vie paient jusqu'à 17 % de plus.
D'après Randstad, la principale difficulté de recrutement porte désormais sur le pilotage et la supervision de l'IA. Ainsi, 61 % des employeurs jugent plus difficile de trouver des profils maîtrisant l'esprit critique et la communication que des compétences purement techniques.
La demande en gouvernance des risques a, elle, progressé de 108 %, alors que l'offre de candidats sur ces fonctions n'a augmenté que de 69 %.
Plateformes numériques et écart femmes-hommes dans les compétences IA
Pour accompagner ce recours aux modèles flexibles, 92 % des organisations utilisent des plateformes numériques de mise en relation pour recruter, et 42 % en font leur canal principal. Les pôles régionaux de proximité arrivent en tête des modèles de prestation envisagés pour les deux prochaines années, cités par 35 % des répondants.
L'étude met aussi en évidence un écart entre femmes et hommes : les femmes représentent 31 % des professionnels dotés de compétences émergentes en IA, contre 36 % pour les compétences technologiques établies. Chez les femmes de la génération Z, cette part passe de 37 % à 32 %.
« Loin de remplacer les talents technologiques, l'IA les redéfinit en profondeur », indique Randstad dans son communiqué, estimant qu'« aucun modèle de recrutement ne comblera seul cet écart ».
Présent sur 39 marchés avec environ 38 000 salariés, le groupe coté sur Euronext Amsterdam a réalisé un chiffre d'affaires de 23,1 milliards d'euros en 2025.