Rubis : volumes en hausse de 7 % au troisième trimestre, marge brute Retail & Marketing en hausse de 10 %
Rubis a publié le 3 novembre 2026 son activité du troisième trimestre. Les volumes distribués progressent de 7 %, et la marge brute de l'activité Retail & Marketing augmente de 10 %, à 228 M€. Ces deux hausses ne viennent pas des mêmes régions.
En Europe, les volumes augmentent de 30 % sous l'effet du bitume, tandis que la marge brute progresse de 3 %. En Afrique, les volumes sont quasi stables (+1 %), alors que la marge brute gagne 16 %. Le groupe a par ailleurs réaffirmé sa guidance d'EBITDA pour 2026.
Le bitume européen porte les volumes, l'Afrique porte la marge brute
Le bitume explique l'essentiel de la dynamique des volumes. Ils bondissent de 82 % sur un an, à 203 milliers de m³, pour une marge brute en hausse de 29 %, à 23 M€. Hors Europe, la progression est de 15 % pour les volumes et de 11 % pour la marge.
Cet écart traduit la montée en puissance de la plateforme d'Europe du Nord-Ouest, conforme aux prévisions selon le groupe. Lors de sa publication semestrielle du 8 septembre 2026, Rubis avait indiqué que ce développement soutiendrait une forte croissance des volumes, quoique à des marges plus faibles.
En Afrique, le mouvement est inverse. Les volumes passent de 779 à 787 milliers de m³, tandis que la marge brute s'élève à 84 M€, contre 72 M€. Elle bénéficie notamment de marges unitaires plus élevées en Afrique de l'Est après l'ajustement de la formule de prix des carburants.
Les Caraïbes affichent une hausse de 6 % des volumes et de 10 % de la marge brute, à 91 M€.
Les carburants portent la hausse de la marge brute, la Corse pèse
Les carburants restent le premier contributeur, avec une marge brute de 129 M€, en hausse de 13 %, pour des volumes en progression de 2 %. Dans les stations-service, qui représentent 51 % des volumes de carburants, la marge brute gagne 15 % pour des volumes en hausse de 1,3 %, grâce à Haïti et au Kenya.
Cette progression a été partiellement compensée par un net recul en Corse, où le plafonnement des prix pratiqué par un concurrent a pesé sur les volumes comme sur les marges. Dans l'aviation, les volumes reculent de 1 %, mais la marge brute augmente de 25 %, malgré des pressions persistantes au Kenya.
Le GPL, deuxième produit en marge brute avec 76 M€ (+1 %), affiche des volumes stables. Le chiffre d'affaires de Support & Services progresse de 52 %, à 327 M€, sous l'effet des prix du pétrole, alors que les volumes de négoce pour compte de tiers reculent de 7 % à marges stables.
Chez Photosol, les actifs en exploitation atteignent 805 MWc (+27 %) et le chiffre d'affaires 29 M€ (+40 %). Le portefeuille sécurisé gagne 20 %, à 1,5 GWc, tandis que les projets en développement reculent de 5 %, à 5,6 GWc.
La filiale a finalisé la cession de 49 % de son parc solaire de Creil à la Banque des Territoires.
Sur neuf mois, la marge brute progresse de 14 %, la guidance est réaffirmée
Sur les neuf premiers mois, la marge brute atteint 725 M€, en hausse de 14 %, pour des volumes en progression de 8 %.
Le troisième trimestre, à +10 %, s'inscrit donc en deçà du rythme cumulé. Même constat pour le bitume (+47 % de marge sur neuf mois, contre +29 % au trimestre) et l'Afrique (+26 % contre +16 %).
Le chiffre d'affaires trimestriel s'élève à 2 275 M€, en hausse de 44 %, au-dessus des 2,16 Mds€ attendus par le seul analyste suivi. Rubis rappelle toutefois qu'il répercute les variations du prix du pétrole sur ses clients et privilégie les volumes et la marge unitaire comme indicateurs de performance.
La guidance d'EBITDA 2026 est réaffirmée entre 775 et 825 M€, à taux de change EUR/USD constant (1,13) et à impact de l'hyperinflation inchangé. Cette fourchette encadre l'objectif d'EBITDA de 800 M€ qui représente le point médian de la guidance pour 2026.
Sur le plan de la gouvernance, le projet de transformation en société anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance, annoncé le 19 octobre 2026, reste soumis à une décision de l'AMF et au vote de l'assemblée générale prévue le 9 décembre 2026.
Le trimestre confirme un partage des rôles : le bitume européen alimente la croissance des volumes, les carburants en Afrique et dans les Caraïbes celle de la marge brute.