SES : EBITDA ajusté en hausse de 18,6 % au troisième trimestre, perte nette alourdie à 175 M€ sur neuf mois
SES a publié le 5 novembre 2026 des comptes qui se lisent sur deux plans. Au seul troisième trimestre, l'EBITDA ajusté a progressé de 18,6 % à périmètre comparable et à changes constants, à 413 M€, et le chiffre d'affaires de 4,2 %, à 870 M€. Le deuxième trimestre affichait des reculs de 17,4 % et 12,8 %.
Sur neuf mois, la perte nette part du groupe s'est alourdie à 175 M€, contre 48 M€ un an plus tôt, sous l'effet des amortissements et des frais financiers liés au rachat d'Intelsat. L'opérateur de satellites a confirmé ses objectifs annuels de stabilité et abaissé à environ 600 M€ son enveloppe d'investissements.
Hors effet Intelsat, l'activité recule légèrement sur neuf mois
En données publiées, le chiffre d'affaires des neuf premiers mois atteint 2 472 M€, en hausse de 45,5 % à changes constants, et l'EBITDA ajusté 1 138 M€, en progression de 40,0 %. Ces hausses tiennent à la consolidation d'Intelsat, intégré seulement à partir du 17 juillet 2025 dans la base de comparaison.
À périmètre comparable, comme si Intelsat avait été consolidé dès le 1er janvier 2024, le chiffre d'affaires recule de 2,0 %, tandis que l'EBITDA ajusté progresse de 1,4 %.
La marge d'EBITDA ajusté publiée recule de 2,3 points, à 45,8 %. Elle remonte en revanche à 47 % au troisième trimestre, contre 41 % un an plus tôt et 42 % au deuxième trimestre.
Parmi les facteurs défavorables, le groupe cite l'effet de mix lié au recul des revenus des Données fixes et des Médias, le calendrier des contrats gouvernementaux et les effets de change. Ils ont été partiellement compensés par la contribution d'Intelsat, des restructurations de contrats dans la Mobilité et la baisse des charges opérationnelles.
Le résultat net ajusté passe d'un bénéfice de 72 M€ à une perte de 82 M€. Le groupe l'explique principalement par une hausse de 285 M€ des amortissements liée à Intelsat et par des frais financiers nets portés à 235 M€.
Le résultat net comptable intègre en outre une dépréciation de 106 M€ passée au deuxième trimestre. Au seul troisième trimestre, il revient à l'équilibre, à 1 M€, contre une perte de 62 M€ un an plus tôt.
La Mobilité porte la croissance, les Données fixes reculent de 15,2 %
Le pôle Networks (64 % du chiffre d'affaires, à 1 574 M€) progresse de 1,0 % à périmètre comparable sur neuf mois, puis de 6,1 % au troisième trimestre.
La Mobilité, à 655 M€, en est le principal moteur avec une hausse de 9,7 %, portée à 19,3 % sur le trimestre. Ces chiffres incluent l'effet positif de restructurations de contrats dans l'aviation, de 81 M€ au premier trimestre et de 54 M€ au troisième.
L'activité Gouvernement et Défense, à 597 M€, progresse de 2,7 % sur neuf mois et de 4,2 % au troisième trimestre.
Les Données fixes, à 322 M€, reculent de 15,2 % sur la période et de 12,3 % au troisième trimestre. « Si les Données fixes restent difficiles, nous avons constaté une certaine amélioration par rapport au deuxième trimestre », a déclaré Adel Al-Saleh, directeur général.
Les Médias (36 % du chiffre d'affaires, à 875 M€) reculent de 6,8 % à périmètre comparable sur neuf mois, mais sont stables au troisième trimestre (-0,1 %).
Le groupe évoque l'optimisation des capacités sur les marchés matures et la faillite d'un client brésilien au premier trimestre. Ces facteurs sont partiellement compensés par 900 M€ de renouvellements à long terme, dont Canal+ et Sky. L'accord avec Canal+ avait été prolongé jusqu'en 2040, selon une annonce du 27 octobre 2026.
Objectifs annuels confirmés, investissements abaissés à 600 M€
SES confirme anticiper pour 2026 un chiffre d'affaires et un EBITDA ajusté stables, à périmètre comparable et à changes constants. Les investissements sont désormais attendus à environ 600 M€, contre 700 M€ auparavant, hors dépenses liées à la libération de la bande C, estimées entre 100 et 150 M€.
Le chiffre d'affaires du troisième trimestre, à 870 M€, ressort au-dessus de la moyenne de 841 M€ attendue par les analystes.
Le carnet de commandes atteint 10 milliards d'euros, après 5,8 milliards d'euros de nouveaux contrats et de renouvellements signés depuis janvier, dont 3,4 milliards d'euros au titre du programme européen IRIS2. Le ratio dette nette ajustée sur EBITDA ajusté s'établit à 3,7 fois, contre 3,9 fois fin 2025, pour une trésorerie de 1,26 Md€.
Le groupe a remboursé environ 1 320 M€ d'échéances depuis janvier. En octobre, il a émis 500 M€ d'obligations à échéance 2031 et racheté 363 M€ de titres arrivant à échéance en novembre 2027. Son objectif d'endettement est de 3,0 fois ou moins : une fois cet objectif atteint, SES entend relever son dividende annuel de base.
Sur le marché, le titre avait cédé 41,5 % sur un trimestre au 23 octobre, avant de gagner 3,5 % la veille de la publication. Le troisième trimestre ramène l'activité en croissance à périmètre comparable, alors que les amortissements et la dette issus du rachat d'Intelsat continuent de peser sur le résultat net.