Solvay : le conflit au Moyen-Orient pèse pour 25 M€ sur l'EBITDA au troisième trimestre
Solvay a publié le 4 novembre 2026 ses résultats du troisième trimestre, marqués par un impact de 25 millions d'euros du conflit au Moyen-Orient sur son EBITDA sous-jacent, contre 20 millions d'euros au deuxième trimestre. L'arrêt de l'usine de peroxydes du complexe de Sadara, à Jubail, en Arabie saoudite, en explique la plus grande part.
Cet arrêt a coûté près de 15 millions d'euros sur chacun des deux trimestres : la hausse de l'impact total provient donc pour l'essentiel des autres effets du conflit. Dans ce contexte, le groupe a avancé sur deux dossiers liés aux terres rares et décidé un acompte sur dividende conforme à sa politique.
L'usine de Jubail concentre l'essentiel du coût du conflit
Le directeur général, Philippe Kehren, a résumé la situation : « Le conflit au Moyen-Orient a un impact significatif sur les opérations de Solvay, l'arrêt temporaire de notre usine Peroxides à Jubail affectant sensiblement la performance à court terme de l'entreprise ». Il décrit un environnement économique qui reste « difficile ».
Les activités de Solvay à Jubail sont exercées au sein d'une coentreprise avec Sadara, elle-même détenue majoritairement par Saudi Aramco. Le cadre contractuel de cette coentreprise comprend des mécanismes destinés à recouvrer la rentabilité perdue, et le groupe indique examiner toutes les options disponibles pour atténuer l'impact financier de l'arrêt.
Terres rares : un accord signé avec Viridis, des discussions avec OneIM
Les terres rares font l'objet de deux démarches distinctes. Solvay poursuit d'abord ses discussions avec OneIM, un fonds d'investissement spécialisé dans les minéraux critiques : en cas d'accord définitif, le groupe apporterait ses activités de terres rares à une coentreprise nouvellement créée, tout en y conservant une participation minoritaire significative.
Le périmètre concerné génère environ 80 millions d'euros d'EBITDA sous-jacent en base annuelle. Le groupe précise que rien ne garantit que ces discussions aboutiront à un accord définitif, ni qu'une transaction sera effectivement réalisée.
En parallèle, Solvay a signé avec Viridis un accord d'approvisionnement à long terme, qui lui assure des matières premières de terres rares à partir de 2028. Selon Philippe Kehren, cet accord renforce la position du groupe dans la séparation des terres rares et doit permettre à l'usine de La Rochelle de « tirer parti de futures opportunités de croissance ».
Des perspectives hors recouvrement et un acompte de 0,97 € par action
Le groupe renvoie à ses perspectives pour 2026 communiquées le 19 octobre 2026, date à laquelle il avait abaissé son objectif d'EBITDA sous-jacent pour l'exercice. Ces perspectives excluent d'éventuels revenus ou mesures de recouvrement liés à Sadara pour le reste de l'année. Le lendemain, le titre était tombé à son plus bas de deux ans.
Le conseil a par ailleurs décidé de verser un acompte sur dividende brut de 0,97 € par action. Il représente 40 % du dividende total de 2,43 € par action au titre de 2025, conformément à la politique de dividende du groupe et à ses pratiques historiques.
Le coût de l'arrêt de Jubail est resté du même ordre d'un trimestre à l'autre, et aucun recouvrement n'est intégré aux perspectives annuelles. Sur les terres rares, le groupe avance sur deux fronts : un accord d'approvisionnement signé et un projet de coentreprise encore en discussion.