Capgemini : l'action peut-elle remonter la pente ?
Le titre de l'entreprise française, fleuron des services numériques, a perdu 34 % sur un an, mais pourrait se ressaisir.
Des résultats 2024 en demi-teinte et des prévisions 2025 qui refroidissent les marchés
Le quatrième trimestre 2024 a pourtant apporté une lueur d’espoir : un recul limité à -1,1 % du chiffre d’affaires (contre -2,1 % anticipé), porté par le rebond des services financiers et des biens de consommation. Mais cette embellie éphémère n’a pas suffi à contrebalancer les hésitations pour 2025. Capgemini table sur une fourchette de revenus allant de -2 % à +2 % en devises constantes, avec un scénario central prévoyant une stagnation au premier semestre.
Une prudence perçue comme un aveu de faiblesse par les investisseurs, sanctionné par une chute de 11,5 % à l’ouverture du 18 février. Le marché redoute surtout l’impact durable du ralentissement dans le secteur manufacturier (-6,1 % sur l’année), secteur clé représentant 27 % du chiffre d’affaires. Malgré une marge opérationnelle stable (13,3 % à 13,5 %) et une trésorerie solide (1,9 milliard d’euros prévus), l’absence de visibilité sur la reprise des dépenses informatiques discrétionnaires pèse lourd.
Macroéconomie et géopolitique : un cocktail déstabilisateur pour le secteur IT
La publication du rapport « Navigating uncertainty with confidence » par Capgemini en janvier 2025 sonne comme un aveu indirect. 56 % des entreprises interrogées priorisent désormais la réduction des coûts plutôt que la croissance, impactant directement les budgets alloués à la transformation numérique. Néamoins, il est important de noter que malgré cette priorité donnée à la réduction des coûts, le rapport indique également que 50% des organisations prévoient d'augmenter leurs investissements globaux en 2025.
Les tensions commerciales (70 % des dirigeants inquiets des barrières tarifaires) et les incertitudes politiques européennes exacerbent cependant la frilosité. La France, berceau historique du groupe, illustre ce malaise : son marché a reculé de 5,8 % au T4 2024, contrairement à l’Amérique du Nord (-1,6 %) et l’Asie en légère progression. Point positif : le segment public résiste, avec des contrats gouvernementaux dans la cybersécurité et l’IA responsable.
Analystes et investisseurs : prudence à court terme mais un espoir de rebond
Le consensus des analystes reflète cette ambivalence. Citi maintient un « buy » malgré une révision du cours cible en recul à 210 euros, soulignant un PER attractif (12,7x les bénéfices 2025) et un rendement dividende à 2,35 %. Mais Goldman Sachs pointe le risque de sous-performance face à des concurrents américains mieux positionnés sur l’IA, accentuant l’écart technologique transatlantique. Barclays a également abaissé sa cible de 215 à 200 euros avec un avis « surpondérer ». Le consensus se fixe aux alentours de 202 euros, soit, à ce jour, une marge de progression importante.
Reste que face au CAC 40, Capgemini cumule un décrochage de 27 points depuis 2023. Les options de couverture se multiplient sur le titre, avec un open interest record sur les puts à 140 euros pour juin 2025. En parallèle, certains fonds value y voient un actif sous-évalué : à 7 % de free cash flow yield, le titre amorcerait un « floor » technique autour des 143 euros.