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Carrefour affiche une croissance comparable de 2,1 % au troisième trimestre 2025, portée par la dynamique en France et en Espagne ainsi que par l'essor du e-commerce. Le chiffre d'affaires s'établit à 22,46 milliards d'euros, pénalisé par les effets de change notamment en Amérique Latine. Le groupe poursuit l'intégration de Cora & Match, refinance massivement sa dette brésilienne et confirme l'ensemble de ses objectifs annuels. La cession de Carrefour Italie reste attendue d'ici la fin de l'année.
La dynamique commerciale de Carrefour reste résiliente sur le trimestre. Le chiffre d'affaires consolidé s'élève à 22,46 milliards d'euros après application de la norme IAS 29 relative à l'hyperinflation en Argentine, soit une progression totale de 2,1 % en données comparables. Avant retraitement de cette norme, le chiffre d'affaires atteint 22,61 milliards d'euros. Sur les neuf premiers mois de l'année, le cumul s'établit à 66,84 milliards d'euros.Les effets de change exercent une pression significative sur les revenus publiés. La dépréciation du réal brésilien et du peso argentin pèse à hauteur de -2,8 % sur la croissance totale du trimestre. À taux constants, la performance reflète une progression organique de l'activité, notamment portée par les formats de proximité et le développement du e-commerce. Le groupe souligne que cette dynamique s'inscrit dans un environnement de taux d'intérêt élevés, qui continue de peser sur le pouvoir d'achat dans plusieurs zones géographiques.L'intégration de Cora & Match contribue positivement à la croissance du chiffre d'affaires en France. Les synergies opérationnelles montent en puissance, avec un objectif fixé à 130 millions d'euros d'économies à horizon 2027. Le groupe confirme par ailleurs son ambition d'économies de coûts de 1,2 milliard d'euros pour l'ensemble de l'exercice 2025, un objectif en ligne avec les réalisations observées sur les trois premiers trimestres. Carrefour maintient également ses prévisions d'une légère progression de l'EBITDA, du résultat opérationnel courant et du cash-flow libre net sur l'année.
En France, premier marché du groupe avec 11,64 milliards d'euros de chiffre d'affaires au troisième trimestre, la croissance comparable atteint 0,7 %. Cette performance traduit un retour progressif à la croissance après plusieurs trimestres difficiles. Les hypermarchés reculent encore de 0,9 % en comparable, mais les supermarchés progressent de 0,7 % et les formats de proximité affichent une forte dynamique à +4,7 %. L'intégration de Cora & Match accélère les débits en magasin et permet de capter 1,7 million de foyers actifs supplémentaires, portant le total à 14,5 millions de foyers actifs en France. Le groupe gagne des parts de marché dans l'alimentaire, notamment grâce à sa montée en gamme sur les produits à marque propre, qui représentent désormais 37,0 % du chiffre d'affaires alimentaire.En Europe hors France, le chiffre d'affaires s'établit à 5,45 milliards d'euros, en hausse de 1,0 % en comparable. L'Espagne se distingue avec une croissance de 1,3 % et un chiffre d'affaires de 3,04 milliards d'euros, soutenue par une bonne tenue des hypermarchés et des supermarchés. La Belgique progresse de 2,1 % à 1,07 milliard d'euros, tandis que la Roumanie affiche une croissance modeste de 0,2 % à 773 millions d'euros. La Pologne recule légèrement de 1,3 % à 569 millions d'euros, dans un contexte de marché plus tendu.L'Amérique Latine génère 5,52 milliards d'euros de chiffre d'affaires avant retraitement IAS 29, en hausse de 5,5 % en comparable. Le Brésil, qui pèse 4,70 milliards d'euros, progresse de 1,1 % en données comparables. Atacadão, l'enseigne de cash & carry, croît de 1,3 % tandis que Sam's Club enregistre une progression de 0,8 %. La dynamique brésilienne reste freinée par des taux d'intérêt élevés, qui affectent la consommation des ménages. En Argentine, le chiffre d'affaires avant IAS 29 bondit de 26,6 % à 823 millions d'euros, reflétant l'hyperinflation locale. L'application de la norme IAS 29 réduit mécaniquement la contribution de l'Argentine au chiffre d'affaires consolidé du groupe.
Le commerce en ligne constitue l'un des relais de croissance les plus dynamiques du trimestre. La gross merchandise value (GMV) du e-commerce en France progresse de 36 % au troisième trimestre, contre 28 % au trimestre précédent. Au niveau du groupe, la GMV e-commerce enregistre une croissance de 18 % sur le trimestre, après 20 % au deuxième trimestre. Cette accélération témoigne de l'efficacité des investissements logistiques et digitaux du groupe, ainsi que de l'appétence croissante des clients pour les formats hybrides et les services de livraison rapide.Les produits à marque propre continuent de gagner du terrain dans le mix produits. Ils représentent 37,0 % du chiffre d'affaires alimentaire au troisième trimestre 2025, soit une progression continue par rapport aux trimestres précédents. Carrefour dispose désormais de 715 références végétales, dont 89 sous sa propre marque. Cette montée en gamme répond à une double exigence : renforcer la compétitivité prix face aux discounters et différencier l'offre sur des segments à plus forte valeur ajoutée.Sur le plan des formats, les hypermarchés restent sous pression avec un chiffre d'affaires de 5,64 milliards d'euros et une baisse comparable de 0,9 %. Les supermarchés génèrent 3,83 milliards d'euros avec une croissance de 0,7 %, tandis que les formats de proximité et autres enseignes totalisent 2,17 milliards d'euros et affichent une progression dynamique de 4,7 %. Cette tendance confirme l'évolution structurelle des comportements d'achat vers des formats plus petits et mieux intégrés dans les circuits urbains. Le groupe a par ailleurs ouvert 337 magasins au cours du trimestre et en a fermé 290, témoignant d'une gestion active de son parc immobilier.
Carrefour a réalisé une opération de refinancement majeure au Brésil, portant sur 1,4 milliard d'euros, soit la quasi-totalité de la dette externe de Carrefour Brésil estimée à environ 1,5 milliard d'euros. Cette restructuration de la dette devrait générer un impact positif d'environ 100 millions d'euros par an à compter de 2026, et déjà 20 à 25 millions d'euros dès 2025. L'opération s'inscrit dans une stratégie d'optimisation de la structure financière du groupe face à un environnement de taux d'intérêt élevé et de volatilité des devises en Amérique Latine. Elle permet de sécuriser les conditions de financement à moyen terme et d'améliorer la rentabilité opérationnelle de la filiale.Dans le même temps, Carrefour a prolongé d'un an, jusqu'en novembre 2030, sa ligne de crédit syndiquée de 4 milliards d'euros. Cette extension conforte la flexibilité financière du groupe et témoigne de la confiance des partenaires bancaires dans la trajectoire du plan stratégique. Le groupe a également procédé à la réaffectation de 1,84 million d'actions auto-détenues au titre du plan d'intéressement à long terme (LTI) 2023, destiné aux dirigeants et cadres clés.Sur le plan stratégique, Carrefour élargit son alliance européenne Concordis avec l'intégration de RTG International. Cette extension renforce le pouvoir d'achat du groupe auprès des fournisseurs, le chiffre d'affaires cumulé des partenaires de l'alliance dépassant désormais 125 milliards d'euros. La société poursuit par ailleurs l'intégration de Cora & Match, avec des synergies attendues de 130 millions d'euros à horizon 2027. Ces initiatives visent à améliorer la compétitivité prix et à mutualiser les coûts logistiques et administratifs dans un contexte de pression sur les marges. Enfin, le groupe a engagé des négociations exclusives avec NewPrinces Group pour la cession de Carrefour Italie, dont la finalisation est attendue d'ici la fin de l'année, sous réserve de l'autorisation des autorités de concurrence.
La direction de Carrefour réaffirme l'ensemble de ses objectifs financiers pour l'exercice 2025. Le groupe vise une légère progression de l'EBITDA, du résultat opérationnel courant et du cash-flow libre net, malgré un contexte macroéconomique marqué par des taux d'intérêt durablement élevés et une pression sur le pouvoir d'achat des consommateurs. Selon le communiqué, « ce troisième trimestre confirme la solidité de notre modèle et la pertinence de nos choix stratégiques ». Le management souligne que les leviers de transformation — intégration de Cora & Match, montée en puissance du e-commerce, renforcement des marques propres et optimisation de la structure de coûts — produisent des effets tangibles sur la performance opérationnelle.Le programme d'économies de coûts de 1,2 milliard d'euros pour 2025 reste sur les rails. Les initiatives portent notamment sur la centralisation logistique, l'automatisation des entrepôts, la rationalisation des assortiments et la mutualisation des fonctions support. Ces économies doivent compenser en partie la hausse des coûts salariaux et énergétiques, ainsi que les investissements dans la transformation digitale et la rénovation du parc de magasins.Le groupe identifie plusieurs opportunités de croissance à court et moyen terme. L'intégration de Cora & Match doit permettre d'accélérer les débits en magasin et de générer des synergies de coûts substantielles. L'extension de l'alliance Concordis offre un levier supplémentaire pour renforcer le pouvoir d'achat et améliorer les conditions d'approvisionnement. La croissance du e-commerce, en particulier en France où la GMV bondit de 36 % au troisième trimestre, constitue un relais stratégique majeur. Enfin, l'augmentation de la part des produits à marque propre, désormais à 37,0 % du chiffre d'affaires alimentaire, permet de gagner des parts de marché tout en améliorant les marges.
Le groupe reste exposé à plusieurs facteurs de risque susceptibles d'affecter la trajectoire des résultats. L'environnement de taux d'intérêt élevés continue de peser sur le pouvoir d'achat des ménages, en particulier au Brésil où la consommation reste sous pression. Les effets de change, avec la dépréciation du réal brésilien et du peso argentin, ont pesé à hauteur de -2,8 % sur la croissance du chiffre d'affaires au troisième trimestre. La volatilité des devises sud-américaines reste un élément d'incertitude pour les prochains trimestres, d'autant que l'Argentine est soumise à la norme IAS 29 sur l'hyperinflation, ce qui réduit mécaniquement la contribution de cette zone aux comptes consolidés.La cession de Carrefour Italie, bien qu'en négociations exclusives avec NewPrinces Group, demeure conditionnée à l'obtention des autorisations des autorités de concurrence. Tout retard ou blocage réglementaire pourrait repousser la finalisation de l'opération au-delà de l'échéance prévue de fin 2025. Cette transaction est stratégique pour le groupe, qui souhaite recentrer son portefeuille géographique sur les marchés les plus rentables et les plus porteurs.Sur le plan opérationnel, l'exécution des synergies liées à l'intégration de Cora & Match représente un enjeu clé. Le groupe doit réussir la centralisation logistique, l'harmonisation des systèmes d'information et la rationalisation des assortiments, tout en maintenant la satisfaction client et en évitant les pertes de parts de marché. Le déploiement du plan de transformation digitale, la montée en puissance du e-commerce et l'optimisation du parc de magasins requièrent des investissements soutenus et une gestion rigoureuse des coûts. Carrefour classé premier du CSR Retail Index par l'ESSEC et BDO, le groupe poursuit ses engagements en matière d'économie circulaire, de diversité et d'inclusion, et de développement de l'offre végétale, autant de leviers pour renforcer l'attractivité de ses enseignes auprès d'une clientèle de plus en plus sensible aux enjeux environnementaux et sociaux.Carrefour affiche une trajectoire de croissance maîtrisée au troisième trimestre 2025, portée par la transformation de son modèle commercial et l'intégration réussie de nouvelles enseignes. Le refinancement de la dette brésilienne et l'extension de l'alliance Concordis renforcent la solidité financière et la compétitivité du groupe. La confirmation des objectifs annuels témoigne de la confiance du management dans la capacité à générer de la valeur malgré un environnement macroéconomique exigeant. La finalisation de la cession de Carrefour Italie et la poursuite des synergies opérationnelles constitueront les prochains jalons de cette stratégie de recentrage et de montée en gamme.
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