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L'action Carrefour affiche une progression de 5,46 % sur l'année écoulée, sous-performant sensiblement le CAC 40 (+10,42 %). Cette relative faiblesse s'explique par trois décrochages brutaux concentrés entre février et juin, marqués par des résultats annuels décevants et un climat d'incertitude sur la trajectoire du distributeur. Le titre termine l'année à 14,23 euros, dans une zone d'équilibre technique fragile.
L'essentiel de la sous-performance de Carrefour face au CAC 40 s'est joué au premier semestre. Le premier décrochage est intervenu mi-février, dans le sillage de la publication des résultats 2024. Le marché a sanctionné des résultats annuels mitigés et des perspectives décevantes, avec un bénéfice net en retrait de 11 % alors que les analystes ciblaient mieux. Le titre a plongé de 9,35 % en trois jours, perdant près d'un euro. Quelques semaines plus tard, fin mai, l'action a rechuté de 8,61 % en trois séances, passant de 14,41 à 13,17 euros. Enfin, fin juin, un nouveau repli de 7,84 % est venu parachever cette phase de correction, ramenant le cours vers 11,75 euros. Ces trois épisodes témoignent d'une défiance persistante du marché face à l'exécution opérationnelle du groupe, notamment en Europe hors France où la rentabilité a été fortement touchée.
Carrefour anticipait pour 2025 un résultat opérationnel courant, un EBITDA et un free cash flow libre net en légère progression. Cette guidance, perçue comme conservatrice après une année 2024 décevante, n'a pas rassuré les investisseurs. Les premiers signaux du premier semestre 2025 se sont révélés contrastés : le résultat net part du groupe s'est élevé à 326 millions d'euros au S1 2025, en hausse de 28 % par rapport à l'année précédente, et le free cash-flow est en nette amélioration. Toutefois, la progression reste modeste au regard de la volatilité de l'action et du climat d'incertitude persistant sur la trajectoire de rentabilité en Europe. Le groupe continue de miser sur la conquête de parts de marché en France et en Espagne, tout en cherchant à améliorer sa structure de coûts dans un environnement inflationniste qui pèse sur les volumes.
Les analystes affichent des objectifs de cours dispersés, reflétant une visibilité limitée sur la capacité du groupe à transformer ses initiatives stratégiques en création de valeur durable. Les leviers existent néanmoins : l'intégration complète de Carrefour Brésil, le développement du retail media via Carrefour Links, et la montée en puissance des marques propres. Mais ces paris stratégiques devront être validés par des résultats tangibles en 2026. À l'inverse, les risques restent présents : pression concurrentielle accrue en Europe, gestion de la dette dans un environnement de taux élevés, et dépendance à la bonne exécution du plan d'économies de 4 milliards d'euros. Le titre évolue désormais dans une zone technique neutre, entre un support à 12,85 euros et une résistance à 14,37 euros, laissant peu de marge de manœuvre à court terme.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement indicatif et ne constituent en aucun cas une recommandation d’investissement, une incitation à acheter ou vendre un actif financier, ni un conseil en placement. Le lecteur est invité à réaliser ses propres recherches avant toute décision. Les investissements en bourse comportent des risques, notamment de perte en capital. La performance passée d’un actif ou d’un marché ne présage en rien de ses performances futures. Toute décision d’investissement doit être prise en tenant compte de votre situation financière personnelle, de vos objectifs et de votre tolérance au risque.