Dassault Systèmes s'effondre de près de 20 % et plombe le CAC 40 en pleine saison des résultats
La Bourse de Paris évolue dans le rouge à la mi-journée ce mercredi, lestée par une vague de sanctions sur les publications d'entreprises. Le CAC 40 recule de 0,26 % à 8 306,57 points, dans une séance où les investisseurs trient sans pitié entre gagnants et perdants de l'exercice 2025.
Une séance de verdicts : le marché passe les résultats au crible
La séance parisienne de ce mercredi 11 février est placée sous le signe des publications annuelles. En plein cœur de la saison des résultats, les réactions sont vives et contrastées : sur les 40 valeurs de l'indice, 25 reculent et seulement 15 progressent. Aucune n'est stable. Ce grand écart illustre un marché qui discrimine fortement entre les bilans jugés convaincants et ceux qui déçoivent.
L'indice phare recule modérément en apparence, à 8 306,57 points (– 0,26 %), mais cette relative tenue masque des mouvements individuels d'une rare ampleur. La journée est dominée par le décrochage spectaculaire de Dassault Systèmes, qui emporte dans son sillage d'autres poids lourds de la tech et des services. À l'inverse, l'industrie lourde et l'énergie tirent leur épingle du jeu, portées par des annonces stratégiques concrètes.
ArcelorMittal en tête, l'industrie et l'énergie résistent
Dans un marché globalement prudent, le sidérurgiste ArcelorMittal domine le palmarès du CAC 40 avec une hausse de 3,53 % à 54,62 euros. Le titre réagit à la confirmation de la construction d'un four à arc électrique sur son site de Dunkerque, un investissement majeur dans la décarbonation de la production d'acier en France. L'annonce d'un contrat d'approvisionnement en électricité décarbonée avec EDF renforce la crédibilité du projet aux yeux du marché.
Derrière ArcelorMittal, Schneider Electric progresse de 2,72 % à 264,35 euros, confirmant l'appétit pour les valeurs liées à la transition énergétique et à l'électrification. TotalEnergies gagne 2,03 % à 63,78 euros.
Côté télécoms et BTP, Orange avance de 2,25 % à 16,83 euros et Bouygues de 1,87 % à 49,49 euros, dans des mouvements qui apportent un peu de soutien à l'indice malgré les turbulences ailleurs.
Dassault Systèmes chute de 19 %, Capgemini et Kering sanctionnés
Le fait marquant de la séance, c'est l'effondrement de Dassault Systèmes. Le titre dévisse de 19,34 % à 18,10 euros, soit sa pire séance depuis des années. L'éditeur de logiciels industriels a publié des résultats 2025 marqués par une croissance mesurée et des objectifs de 3 à 5 % pour 2026, des perspectives visiblement jugées trop timides par le marché. La chute est d'autant plus brutale qu'elle concerne une valeur habituellement perçue comme un pilier de la tech européenne.
Le secteur technologique souffre plus largement : Capgemini abandonne 4,93 % à 108 euros, malgré l'annonce de l'approfondissement de son partenariat avec Microsoft sur les solutions cloud souveraines et le lancement d'offres souveraines sur le cloud AWS en Europe. Ces annonces stratégiques ne suffisent pas à protéger le titre dans le climat de défiance qui entoure les valeurs numériques ce mercredi.
Du côté du luxe, Kering recule de 2,60 % à 280,50 euros au lendemain de la publication de résultats 2025 en recul de 13 % sur le chiffre d'affaires. Après une belle hausse la veille, le titre tend à se stabiliser.
Publicis cède 4,13 % à 76,52 euros et Stellantis recule de 2,03 % à 6,23 euros, complétant un tableau de baisses qui touche des secteurs variés — de la communication à l'automobile — mais dont l'épicentre reste clairement les résultats d'entreprises.