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Goldman Sachs AM : trouver des catalyseurs de performance dans un monde plus complexe

Dans ses perspectives d’investissement 2026, Goldman Sachs Asset Management trace les contours d’un environnement où l’intelligence artificielle, les politiques monétaires divergentes, les tensions géopolitiques et un nouvel ordre commercial redessinent les marchés. Entre risques fiscaux, volatilité du crédit et fragmentation, l’année à venir ne manque pas d’incertitudes. Mais pour GSAM, cette complexité crée aussi une mosaïque d’opportunités sur les marchés publics et privés — à condition d’adopter des portefeuilles vraiment multi-actifs et une gestion granulaire des risques.

Goldman Sachs AM : trouver des catalyseurs de performance dans un monde plus complexe
Temps de lecture : 4 minute(s) - Par | Publié le 19-11-2025 07:00

Signaux contradictoires des banques centrales

Goldman Sachs AM estime que les marchés actions entreront en 2026 sous le signe d’une dispersion renforcée, en rupture avec les années dominées par quelques grandes capitalisations. Aux États-Unis, les Magnificent 7 continuent de renforcer leur position grâce à la vigueur de leurs activités principales et à des réinvestissements massifs dans l’intelligence artificielle. Les dépenses d’investissement en IA des hyperscalers — Amazon, Google, Meta, Microsoft, Oracle — devraient rester très élevées en 2026. Mais l’homogénéité croissante des performances ouvre la voie à une diversification au-delà du cercle restreint des géants technologiques.

Pour Sung Cho, co-responsable de l’investissement technologique, l’IA s’étend désormais bien au-delà des infrastructures. Les applications se multiplient dans l’automatisation, l’expérience client et l’intelligence opérationnelle, créant de nouvelles opportunités pour les plateformes facilitant l’intégration de l’IA au cœur des entreprises.

Les small caps américaines, notamment dans la défense, la technologie, la consommation ou la santé, pourraient tirer parti de ces dynamiques — mais leur volatilité et leurs besoins de liquidité imposent une gestion active exigeante. En Europe, la banque anticipe une remontée des dépenses d’investissement, soutenue par une flexibilité budgétaire accrue et par les efforts de réindustrialisation. L’énergie, la défense et les services financiers devraient rester les secteurs moteurs, à condition que les segments en retard connaissent un début de rattrapage.

Au Japon, Goldman Sachs AM voit des conditions toujours porteuses : inflation modérée, politique monétaire stable et possible soutien fiscal sous un gouvernement Takaichi. L’IA, les semi-conducteurs et les dynamiques géopolitiques ajoutent un vent arrière supplémentaire, même si les valorisations doivent être surveillées. Dans les marchés émergents, l’affaiblissement du dollar en 2025, la baisse du pétrole, la modération de l’inflation et la politique plus souple de la Fed ont soutenu les actifs. Les actions émergentes se négocient avec une décote de 40 % sur le ratio cours/bénéfices prévisionnel par rapport aux actions américaines, un écart historiquement attractif.

Sur les marchés obligataires, la divergence entre banques centrales rythmera 2026. GSAM anticipe deux baisses possibles des taux de la Fed, une BCE prudente à court terme, une BoE susceptible de reprendre les baisses dès décembre, et une BoJ poussée à monter les taux en raison d’une inflation persistante et d’une croissance robuste. Cette hétérogénéité crée autant de risques que d’opportunités. Les fenêtres de revenus (« carry ») pourraient être recherchées dans les CLO notées AAA ou BBB, le high yield ou certaines expositions en duration flexible. Mais la banque avertit : les signaux d’un éventuel retournement du cycle du crédit doivent être surveillés de près.

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Opportunités dans l’infrastructure

Sur les marchés privés, Goldman Sachs AM décrit un environnement où la dispersion entre gérants pourrait s’accroître. La hausse des volumes transactionnels devrait offrir aux Limited Partners davantage de données pour évaluer la performance des General Partners. Les GPs, eux, devront identifier de nouvelles zones de croissance capables de dépasser la dynamique macroéconomique globale — un enjeu particulièrement important dans un contexte de valorisations encore élevées.

Le private equity retrouve un rythme d’activité soutenu, porté par des marchés de capitaux plus fluides et des coûts de financement en baisse. Michael Bruun, co-responsable mondial du private equity, estime que la création de valeur et la résilience opérationnelle seront déterminantes pour attirer l’intérêt des acheteurs stratégiques et des investisseurs publics. Le marché des secondaires devrait poursuivre son développement, soutenu par des points d’entrée attractifs et des horizons de liquidité plus courts. Les véhicules de continuation et les fonds secondaires joueront un rôle central pour absorber l’arriéré d’opérations de sortie accumulées.

Dans le venture capital et le growth equity, les opportunités émergent pour les investisseurs dotés de liquidités disponibles. Beaucoup d’entreprises leaders, auparavant inaccessibles en raison de valorisations excessives, redeviennent finançables dans des conditions plus équilibrées. La tendance de long terme — des entreprises restant privées plus longtemps et recherchant des montants de financement plus importants — continue de soutenir la demande de growth equity.

Le crédit privé demeure l’une des classes d’actifs les plus attractives en ajusté du risque. Un marché des fusions-acquisitions plus dynamique est susceptible d’accélérer la demande de financement, tout en renforçant l’intérêt pour les solutions mezzanine. Le crédit privé continue d’afficher des rendements supérieurs à ceux des marchés publics, avec des taux de défaut historiquement plus faibles que ceux des prêts syndiqués. Mais la banque souligne que la qualité de l’origination et l’expérience des gérants à travers les cycles seront déterminantes en cas de retournement.

Dans l’immobilier, un rebond est jugé possible grâce aux perspectives de nouvelles baisses de taux. Après une reprise de l’activité en 2025, la baisse du coût du capital et le niveau historiquement bas du dry powder (plus faible depuis 2020) pourraient créer des fenêtres d’entrée attractives. La dispersion sera toutefois marquée entre zones géographiques et secteurs.

Enfin, dans les infrastructures, l’IA et la numérisation restent des thèmes dominants, mais GSAM voit également des opportunités dans l’économie circulaire — gestion des déchets, eau, recyclage — portée par des revenus contractuels et faiblement exposés aux cycles macroéconomiques. Selon Tavis Cannell, responsable mondial des infrastructures, la prochaine vague d’opportunités pourrait s’incarner dans les projets mid-market, où la propriété active et la création de valeur offrent le plus fort potentiel.


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