Le CAC 40 plonge sous les 8 200 points, la bourse de Paris plombée par le luxe et les tensions au Moyen-Orient
Ce jeudi 9 avril, l'indice parisien cède 0,89 % à la mi-journée et s'affiche à 8 190,67 points, dans un climat de nervosité palpable. Seules 11 valeurs du CAC 40 évoluent dans le vert, contre 29 en repli, signe d'une séance largement dominée par les vendeurs. La montée des tensions géopolitiques autour du détroit d'Ormuz et la fragilité du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran pèsent sur la confiance des investisseurs.
Une séance sous haute tension géopolitique
La séance parisienne de ce jeudi porte l'empreinte directe de l'actualité au Moyen-Orient. L'annonce par Téhéran d'un possible droit de passage imposé aux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz — point stratégique par lequel transite une part majeure du commerce mondial de brut — a immédiatement durci l'ambiance sur les marchés européens. L'Iran envisage de faire régler cette taxe en cryptomonnaie, une manière de contourner les sanctions financières occidentales, selon le Financial Times.
Parallèlement, le cessez-le-feu annoncé entre les États-Unis et l'Iran reste extrêmement fragile. Les pourparlers prévus le 10 avril à Islamabad sont menacés : Téhéran a qualifié les conditions posées de « déraisonnables » après les frappes israéliennes au Liban. L'Iran exige que toute trêve englobe aussi le théâtre libanais, ce qu'Israël refuse. Ce contexte d'incertitude se reflète dans le VIX, l'indice de volatilité, qui bondit de 6,66 % pour atteindre 25,78, un niveau traduisant une nervosité élevée sur les marchés. Le SBF 120 suit la même tendance, en recul de 0,85 % à 6 203,76 points.
Le luxe en première ligne, le secteur énergétique résiste
Du côté des baisses, c'est le secteur du luxe qui concentre les pertes les plus lourdes. LVMH décroche de 3,98 % à 479 euros et constitue la plus forte baisse de l'indice ce matin. Kering abandonne 2,31 % à 270,85 euros, dans un mouvement sectoriel large qui traduit les craintes pesant sur la consommation mondiale dans un contexte géopolitique dégradé. TD Cowen a par ailleurs relevé son objectif de cours sur Kering de 275 à 300 euros, tout en maintenant sa recommandation à « conserver ».
Hors du luxe, EssilorLuxottica recule de 2,39 % à 195,90 euros, après la décision de Goldman Sachs d'abaisser sensiblement son objectif de cours, ramené de 350 à 265 euros, tout en conservant sa recommandation d'achat. Airbus lâche 2,49 % à 170,90 euros, et Dassault Systèmes cède 2,52 % à 17,20 euros, dans un repli qui frappe aussi bien l'industrie que la technologie.
À contre-courant, le secteur de l'énergie tire son épingle du jeu. Les tensions autour du détroit d'Ormuz soutiennent les valeurs pétrolières et gazières. TotalEnergies progresse de 0,95 % à 77,54 euros. Engie gagne 0,83 % à 29,14 euros, alors que le groupe a récemment franchi le cap du gigawatt de stockage par batteries en Europe. Air Liquide, valeur défensive par excellence, s'apprécie de 1,19 % à 185,62 euros.
Euronext en tête des hausses, Bouygues en soutien discret
La plus forte progression du CAC 40 à la mi-journée revient à Euronext, qui avance de 1,34 % à 144 euros. L'opérateur boursier bénéficie d'une actualité favorable, après avoir publié ses volumes de trading de mars 2026, avec 29 % des actions européennes traitées sur ses plateformes. Le groupe a par ailleurs proposé un dividende de 3,18 € par action au titre de l'exercice 2025, soumis au vote de l'assemblée générale du 20 mai prochain.
Bouygues gagne modestement 0,34 % à 52,62 euros, complétant un contingent de hausses bien maigre. Avec seulement 11 valeurs en territoire positif sur 40, la séance reste clairement dominée par l'aversion au risque, dans l'attente d'une éclaircie diplomatique au Moyen-Orient.