OVHcloud en forte hausse, alors que les bourses mondiales chutent
Une reconfiguration technique à plusieurs étages
La dynamique haussière s'inscrit dans un double mouvement de rattrapage et de rupture. Le titre avait perdu 60% de sa valeur entre avril 2024 (11,28€) et octobre 2024 (4,43€), victime du durcissement monétaire et des réductions de budgets IT. Le rebond initié depuis quelques jours suit une amorce de courbe de Gauss presque parfaite, avec des volumes échangés triplés par rapport à la moyenne trimestrielle.
Alors que les bourses mondiales plongent dans le rouge écarlate, l'action OVH a ainsi enregistré une hausse significative cette semaine (+40 %), portée par des espoirs liés au cloud européen et aux impacts potentiels des nouvelles taxes américaines sur les services numériques. Face à l'augmentation des droits de douane, il n'est en effet pas exclu que les Européens se mettent à taxer les géants de la tech, alors que ceux-ci bénéficient actuellement d'une fiscalité plutôt avantageuse sur le Vieux Continent. Un acte qui pourrait mécaniquement favoriser les sociétés locales, dont OVHCloud, au détriment des GAFAM.
Des freins structurels à une croissance exponentielle ?
Reste qu'OVHcloud ne semble pas avoir, à ce stade, les moyens financiers pour accélérer fortement sa croissance. Après un important rachat d’actions, son niveau d’endettement par rapport à ses résultats est devenu élevé, ce qui limite sa capacité à investir massivement. L’entreprise reste aussi moins bien équipée que les géants du cloud sur certains aspects stratégiques. Elle n’est pas positionnée sur l’intelligence artificielle de pointe, notamment l’entraînement des modèles, et son offre de services reste moins diversifiée.
Cela étant, un coup de pouce politique en faveur d’un cloud européen pourrait changer la donne. Avec une part de marché encore très faible en Europe (environ 3 %), OVHcloud pourrait profiter de mesures de soutien ciblées.
Un consensus analystique en attente d'inflexion
Sans recul sur les évènements économiques de la fin de semaine, les analystes couvrant le titre maintenaient une recommandation neutre, voire négative, avec un prix moyen cible autour de 10 € (-6% vs cours actuel). La fourchette étroite (6,80€ - 12€) traduit des incertitudes sur la profitabilité à court terme. Certes, les estimations de croissance de long terme convergent vers +80% sur les bénéfices, un chiffre encourageant mais insuffisant pour justifier le multiple actuel. Mais voici quelques points importants : une part importante de la croissance de l'année dernière a été portée par la demande croissante aux États-Unis, et la société ne projette pas de distribuer des dividendes cette année. Les évènements des prochains jours permettront peut-être d'y voir un peu plus clair.