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Si la situation en Chine, aux États-Unis et sur le marché du voyage pèse sur les performances, le groupe mise sur l'efficacité opérationnelle et des ajustements stratégiques pour maintenir sa trajectoire à long terme.
L’exercice 2024/25 s’est révélé moins favorable que prévu pour Pernod Ricard, dont le chiffre d’affaires annuel s’établit à 10,96 milliards d’euros, soit une baisse organique de 3 % par rapport à l’année précédente. En données publiées, la baisse atteint 5,5 %, principalement sous l’effet d’un impact de change défavorable évalué à 277 millions d’euros. Plusieurs devises ont pesé lourdement, notamment la livre turque, le peso argentin et la roupie indienne. Ces éléments exogènes ont amplifié les tensions commerciales et les ralentissements observés sur plusieurs marchés clés du groupe. La situation est particulièrement marquée en Chine, où les ventes de la marque Martell ont fortement reculé. Le moral des consommateurs y reste bas, dans un contexte économique toujours incertain, tandis que les distributeurs ont été contraints d’ajuster leurs stocks en prévision de la fin d’une enquête anti-dumping. Résultat : une baisse organique de 21 % dans le pays. Les États-Unis affichent également une contraction, avec un chiffre d’affaires en baisse de 6 %, due notamment à une modération des dépenses des consommateurs américains dans un environnement inflationniste. Dans le secteur du Global Travel Retail, qui regroupe les ventes dans les aéroports, une baisse de 13 % est enregistrée. Celle-ci s’explique en partie par la suspension de l’importation de Cognac dans les zones duty-free chinoises depuis décembre 2024. À cela s’ajoute une dynamique molle en Corée du Sud et à Taïwan, accentuant les difficultés régionales. Ces reculs contrastent avec une certaine résilience observée en Europe, où les ventes sont restées relativement stables, soutenues par une progression en France et en Europe de l’Est, en dépit de baisses en Allemagne et en Espagne.
Face à ces vents contraires, Pernod Ricard s’est efforcé de maintenir une gestion financière rigoureuse. Le résultat opérationnel courant (ROC) recule légèrement de 0,8 % en organique, tandis que le résultat net courant part du groupe atteint 1,83 milliard d’euros, en baisse de 9 %. En parallèle, le résultat net total augmente de 10 %, à 1,63 milliard d’euros, du fait notamment de la réduction des charges non courantes. Ces performances s’inscrivent dans une stratégie de contrôle des coûts et d’optimisation opérationnelle engagée depuis plusieurs exercices. La marge opérationnelle organique progresse de 64 points de base, portée par les 900 millions d’euros d’initiatives d’efficacité finalisées sur la période 2022–2025. Cette amélioration permet de limiter l’impact du mix géographique défavorable et des effets de change. Le free cash flow, quant à lui, ressort en hausse de 18 % à 1,13 milliard d’euros, grâce à une meilleure gestion du besoin en fonds de roulement. La dette nette du groupe est en baisse de 224 millions d’euros, à 10,73 milliards d’euros, soutenue par une génération de cash plus robuste et un effet de change positif sur le dollar. Dans ce contexte, le conseil d’administration propose un dividende stable de 4,70 € par action, identique à celui de l’exercice précédent. Une décision qui s’inscrit dans la volonté du groupe de préserver une politique de rémunération actionnariale cohérente, tout en poursuivant ses investissements à long terme.
Pour l’exercice 2025/26, Pernod Ricard anticipe une année de transition, marquée par un premier trimestre toujours en repli, avant un possible redressement au second semestre. Le groupe mise notamment sur la reprise attendue des ventes de Cognac dans le circuit du duty-free chinois, dont la suspension actuelle devrait être levée. Cette perspective pourrait contribuer à améliorer le mix géographique et alléger la pression sur les marges. À moyen terme, le groupe ambitionne une croissance organique annuelle comprise entre 3 % et 6 %, soutenue par un nouveau plan d’efficacité de 1 milliard d’euros sur la période 2025–2029. Il entend également maintenir un niveau d’investissement marketing équivalent à 16 % de son chiffre d’affaires, en misant sur une stratégie d’« amélioration de la désirabilité » de ses marques. Celle-ci passe notamment par la digitalisation des campagnes, une meilleure segmentation des marchés et le développement de nouveaux formats, tels que les boissons prêtes à boire (RTD), en croissance de 7 % sur l’année. Sur le plan de la distribution, la révision de la stratégie « Route to Market » amorcée aux États-Unis devrait permettre une meilleure exécution commerciale et un alignement renforcé entre les marques et les réseaux de vente. Cette initiative, qui s’inscrit dans une logique d’empowerment des équipes locales, vise à mieux répondre aux fluctuations des marchés et aux comportements de consommation plus volatils. Malgré des perspectives encore incertaines, le groupe affiche une volonté claire de renforcer son assise sur les segments premium à l’échelle mondiale. En Inde, les marques telles que Jameson et Royal Stag poursuivent leur progression, portées par la premiumisation et une demande toujours dynamique. De même, certains marchés en Amérique du Sud et en Afrique montrent une croissance soutenue, offrant des relais de croissance potentiels à moyen terme. Pernod Ricard traverse un exercice complexe, marqué par une contraction de ses revenus et un environnement commercial contrasté. Toutefois, la solidité de son modèle opérationnel, combinée à une gestion rigoureuse et des investissements ciblés, laisse entrevoir des marges de manœuvre pour retrouver une dynamique positive dès 2026.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre purement indicatif et ne constituent en aucun cas une recommandation d’investissement, une incitation à acheter ou vendre un actif financier, ni un conseil en placement. Le lecteur est invité à réaliser ses propres recherches avant toute décision. Les investissements en bourse comportent des risques, notamment de perte en capital. La performance passée d’un actif ou d’un marché ne présage en rien de ses performances futures. Toute décision d’investissement doit être prise en tenant compte de votre situation financière personnelle, de vos objectifs et de votre tolérance au risque.