Sanofi : une année 2025 marquée par une chute de 11%, mais un consensus qui vise encore +24%
Alors que le CAC 40 progressait de 11,15% sur l'année 2025, Sanofi accusait un recul de 11,21%, creusant un écart de performance de plus de 22 points. Cette décorrélation manifeste s'explique par une séquence de pressions commerciales et réglementaires qui a pesé sur le sentiment des investisseurs, malgré des résultats fondamentaux solides portés par Dupixent et les nouveaux lancements. Le titre se situe aujourd'hui à 82,7 euros, entre un support à 80,6 euros et une résistance à 89,89 euros, dans un marché qui scrute désormais les catalyseurs de 2026.
Une année chahutée par les tensions douanières et la pression sur les vaccins
L'essentiel de la correction annuelle s'est concentré début avril 2025, lorsque le titre a plongé de près de 9% en quatre jours seulement (du 2 au 7 avril), passant de 100,4 à 91,41 euros, dans un climat d'inquiétude autour des menaces douanières américaines sur les produits pharmaceutiques. Les déclarations de Donald Trump sur l'imposition de lourds droits de douane sur les produits de santé ont provoqué une forte aversion au risque sur l'ensemble du secteur. À l'inverse, le titre a enregistré son rebond le plus marqué début octobre (+8,44% sur deux jours), galvanisé par l'accord entre Pfizer et le gouvernement américain sur les prix des médicaments, perçu comme un signe de détente potentielle pour l'ensemble de l'industrie. Entre ces deux extrêmes, l'action est restée engagée dans une tendance baissière depuis mars, avec une correction globale de plus de 22% eau printemps sans parvenir à retrouver durablement les niveaux de début d'année. Cette volatilité reflète autant les tensions macroéconomiques que les incertitudes spécifiques à l'activité Vaccins du groupe.
Des résultats solides mais un mix d'activités contrasté
Au troisième trimestre 2025, le chiffre d'affaires s'est établi à 12,434 milliards d'euros, en progression de 7,0% à taux de change constants, soutenu par une performance exceptionnelle de Dupixent qui a franchi pour la première fois le seuil des 4 milliards d'euros de ventes trimestrielles (+26,2%). Le résultat opérationnel des activités a atteint 4,45 milliards d'euros, dépassant les attentes du consensus et affichant une marge opérationnelle de 35,7%. Les nouveaux lancements pharmaceutiques, notamment ALTUVIIIO, ont progressé de 40,8%, confirmant la montée en puissance du pipeline. En revanche, comme prévu, les ventes de vaccins antigrippaux ont diminué, en raison d'une concurrence accrue sur les prix et d'une diminution des taux de vaccination. Au total, les ventes de vaccins ont reculé de 7,8% au troisième trimestre, avec une baisse de 16,8% pour les vaccins Grippe et Covid-19. Ce contraste entre l'excellence de la franchise immunologie et les difficultés du segment vaccinal a généré une lecture ambiguë des fondamentaux par le marché. Après trois trimestres de croissance rentable, Sanofi a réitéré ses prévisions pour l'exercice 2025, visant une croissance du chiffre d'affaires à un pourcentage élevé à un chiffre et un rebond du bénéfice net par action dans la fourchette basse d'un pourcentage à deux chiffres à taux de change constants, avant rachat d'actions.
2026 sous le signe de la transformation et du potentiel de rattrapage
Les opportunités structurelles demeurent intactes : la croissance continue de Dupixent, désormais moteur incontesté du groupe, le pipeline solide avec des lectures positives en phase 3 (notamment amlitelimab dans la dermatite atopique), et les acquisitions ciblées comme Vigil ou Dynavax viennent renforcer le positionnement stratégique du laboratoire. Les liquidités issues de la séparation d'Opella offrent également une flexibilité financière pour accélérer l'innovation et la croissance externe. En face, les risques persistent : la pression concurrentielle sur les vaccins, l'impact défavorable des variations de change (environ -4% sur les ventes attendues), l'accroissement du partage de profits avec Regeneron sur Dupixent, et l'enquête de la Commission européenne sur les vaccins influenza restent des points de vigilance. Le consensus des analystes, unanime à l'achat, affiche un objectif moyen de 102,75 euros, soit un potentiel de hausse de 24,2% par rapport au cours actuel de 82,7 euros. Cette conviction forte traduit la confiance du marché dans la capacité du groupe à capitaliser sur ses actifs stratégiques et à retrouver une dynamique haussière en 2026, à condition que les vents contraires macroéconomiques et commerciaux s'apaisent. L'année à venir sera décisive pour valider cette hypothèse de rattrapage.