Agenda macro de la semaine : emploi US, taux britanniques, PMI et commerce international au menu
Voici ce que le calendrier macroéconomique vous réserve pour cette semaine.
Mardi 6 mai — ISM Services et JOLTS : le pouls de l'économie américaine
Deux indicateurs majeurs tombent simultanément le mardi à 16h00. L'ISM Services PMI mesure l'activité dans le secteur des services aux États-Unis à partir d'enquêtes auprès de directeurs d'achats : un score au-dessus de 50 signale une expansion, en dessous une contraction. Le consensus des analystes table sur 53,8 après 54,0 en mars, soit un léger tassement mais un territoire toujours confortablement expansionniste. Dans le même temps, le rapport JOLTS recense le nombre de postes à pourvoir dans l'économie américaine — un thermomètre de la tension sur le marché du travail que la Fed surveille de près. Le consensus vise 6,87 millions d'offres d'emploi, en très légère baisse par rapport aux 6,88 millions du mois précédent. Des chiffres en ligne avec les attentes confirmeraient une économie qui ralentit doucement sans décrocher, un scénario dit d'atterrissage en douceur favorable aux actifs risqués. Une surprise à la hausse sur les deux indicateurs renforcerait au contraire l'argument de la Fed pour maintenir ses taux élevés plus longtemps, ce qui pèserait sur les valorisations boursières. La balance commerciale américaine de mars, publiée par le BEA le même matin, complétera le tableau en donnant une première lecture des flux d'importations et d'exportations dans un contexte de tensions tarifaires persistantes.
Mardi et mercredi — Zone euro : salaires, prix industriels et production française
La BCE publiera mercredi son ECB Wage Tracker, un outil statistique qui suit en temps quasi réel l'évolution des salaires négociés en zone euro — donnée cruciale pour évaluer si les pressions inflationnistes internes persistent. Le même jour, la banque centrale diffuse ses statistiques de taux d'intérêt bancaires (dataset MIR), qui reflètent comment ses décisions de taux se transmettent concrètement aux crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Eurostat publiera mercredi les prix à la production industrielle sur le marché domestique de la zone euro : cet indice mesure l'évolution des prix de vente des fabricants avant qu'ils n'atteignent le consommateur final, et constitue un indicateur avancé de l'inflation à venir. En France, l'INSEE dévoilera mercredi la production industrielle de mars ainsi que trois études détaillées sur les salaires dans les trois versants de la fonction publique en 2024. Ces données alimenteront le débat sur la dynamique salariale en Europe, un sujet que la présidente de la BCE Christine Lagarde, dont l'intervention est prévue mardi matin, ne manquera pas d'évoquer.
Jeudi 7 mai — La Banque d'Angleterre tranche sur les taux
Le Comité de politique monétaire de la Banque d'Angleterre rend sa décision à 12h00 le jeudi. La BoE fixe le Bank Rate, son taux directeur, qui détermine le coût de l'argent au Royaume-Uni et influence directement les taux hypothécaires, les crédits aux entreprises et la livre sterling. Aucune prévision de consensus n'est disponible dans l'agenda officiel, ce qui témoigne d'une incertitude réelle autour de cette réunion. Les marchés obligataires britanniques et la livre devraient réagir immédiatement à l'annonce et, plus encore, au communiqué accompagnateur qui orientera les anticipations sur les prochaines réunions. Le même jour, Eurostat publiera les données de commerce de détail en zone euro pour mars — un indicateur de la vigueur de la consommation des ménages européens — tandis que les inscriptions hebdomadaires au chômage américain (203 000 attendues contre 189 000 la semaine précédente) fourniront un point de données intermédiaire avant le grand rendez-vous de l'emploi du vendredi.
Vendredi 8 mai — Le rapport sur l'emploi américain, temps fort de la semaine
Le vendredi concentre l'essentiel de l'attention des salles de marché mondiales. Le Bureau of Labor Statistics américain publie à 14h30 le triptyque emploi : les créations de postes hors agriculture (Non-Farm Payrolls), le taux de chômage et les salaires horaires moyens. Les économistes anticipent seulement 60 000 créations d'emplois en avril, contre 178 000 en mars — un ralentissement très marqué qui, s'il se confirmait, serait le signe tangible que le marché du travail américain commence à ressentir les effets du resserrement monétaire prolongé. Le taux de chômage est attendu stable à 4,3 %, tandis que les salaires horaires progresseraient de 0,3 % sur un mois, légèrement plus vite qu'en mars. Ce trio de données est le principal input de la Fed pour calibrer sa politique de taux : une faiblesse prononcée des créations d'emplois rouvrirait le débat sur une baisse des taux rapprochée, ce qui soutiendrait les marchés actions. À 16h00, l'Université du Michigan publiera son indice préliminaire de confiance des consommateurs (49,3 attendu contre 47,6 précédemment) et ses anticipations d'inflation — deux baromètres de l'humeur des ménages américains que la Fed étudie de près. En soirée, le membre du conseil de la Fed Christopher Waller s'exprimera et pourra commenter à chaud les chiffres d'emploi, offrant potentiellement une indication sur l'orientation du comité lors des prochaines réunions.