Dette française : le spread OAT/Bund se stabilise à 70 points de base, loin des sommets
Alors que le CAC 40 bondit de près de 5 % ce mercredi, portant le SBF 120 dans son sillage avec une hausse similaire, les marchés obligataires envoient un signal plus nuancé sur la dette souveraine française. L'écart de rendement entre l'OAT à 10 ans et son équivalent allemand s'est légèrement resserré par rapport à la veille grâce à la détente entre l'Iran et les Etats-Unis, mais demeure ancré à un niveau qui témoigne d'une défiance persistante envers les finances publiques françaises.
OAT à 3,62 % : un taux en repli, un spread qui reste élevé
Ce mercredi, le taux de l'OAT française à 10 ans s'établit à 3,62 %, en recul de 11 points de base par rapport à la séance précédente. Le Bund allemand à 10 ans, référence « sans risque » de la zone euro, se traite simultanément à 2,92 %.
L'écart entre les deux obligations — le spread OAT/Bund — ressort à 70 points de base, soit 3 points de base de moins que la veille (73 pb). Ce léger resserrement s'inscrit dans une tendance de détente progressive observée depuis la mi-mars : le spread atteignait encore 83 pb le 23 mars et 81 pb le 27 mars, avant d'amorcer un repli.
Rapporté à la moyenne des trente derniers jours, établie à 73,3 points de base, le niveau actuel s'inscrit 3,3 pb en dessous, confirmant une légère amélioration récente. Pour autant, l'indicateur reste classé en zone de « tension élevée » : depuis début mars, le spread n'a jamais repassé durablement sous le seuil des 60 points de base, un plancher touché fin février.
Une prime de risque structurellement installée sur la dette française
Un spread de 70 points de base signifie concrètement que la France emprunte à dix ans avec un surcoût de 0,70 point de pourcentage par rapport à l'Allemagne. Sur un stock de dette publique qui dépasse les 3 500 milliards d'euros, ce différentiel pèse sur les charges d'intérêts à chaque nouvelle émission obligataire.
En perspective historique, le niveau actuel reste très loin du pic enregistré lors de la crise des dettes souveraines européennes : le spread OAT/Bund avait culminé à 225 points de base le 17 novembre 2011, au cœur de la tourmente qui avait alors ébranlé l'ensemble de la zone euro. La situation actuelle n'est donc pas comparable à un épisode de stress systémique.
Elle n'en reflète pas moins une prime de risque structurellement plus élevée qu'avant 2024, période durant laquelle le spread évoluait régulièrement autour de 50 à 55 points de base. Les interrogations persistantes sur la trajectoire des finances publiques françaises — déficit public supérieur à 5,1 % du PIB en 2025 — continuent de justifier un écart avec Berlin. La détente boursière du jour, portée par le bond du CAC 40 (+4,73 %), n'a pas modifié en profondeur cette équation sur le marché des taux.