Dette française : l'OAT à 4,03% et le spread face à l'Allemagne au plus haut depuis un mois
En ce jeudi 27 août 2026, la prime de risque exigée sur la dette souveraine française se stabilise légèrement mais demeure au-dessus de sa moyenne mensuelle, dans un contexte où le CAC 40 cède plus de 1% en séance. Le repli technique du spread ne suffit pas à dissiper une tension persistante qui s'est installée au fil des deux dernières semaines sur les marchés obligataires européens.
OAT à 4,03% : un taux qui résiste à la détente
Le taux de l'OAT française à 10 ans s'établit aujourd'hui à 4,03%, en recul de 6 points de base par rapport à la veille. Le Bund allemand, référence sans risque de la zone euro, se traite simultanément à 3,20%.
L'écart entre les deux signatures ressort à 83 points de base, en très légère amélioration de 2 points de base par rapport à la clôture de la veille (85 pb). Ce mouvement de détente reste toutefois modeste.
Sur les trente derniers jours, la moyenne du spread s'établit à 79,3 points de base : le niveau actuel se situe donc 3,7 points de base au-dessus de cette référence mensuelle, signe que la pression structurelle sur la dette française n'a pas reflué. On notera que le spread a progressé d'environ 9 points de base depuis son point bas de fin juillet, autour de 74 à 75 pb, traduisant une dégradation progressive de la perception du risque souverain français.
Une prime de risque élevée dans un contexte budgétaire sous surveillance
Un spread OAT/Bund à 83 points de base signifie concrètement que l'État français emprunte à dix ans à un coût supérieur de 0,83 point de pourcentage à celui de l'Allemagne. Chaque point de base supplémentaire se traduit mécaniquement par un renchérissement du service de la dette pour Bercy, à mesure que la France renouvelle ses émissions obligataires.
Pour situer ce niveau dans une perspective historique, il reste très loin des pics atteints lors de la crise des dettes souveraines européennes : le spread avait culminé à 225 points de base le 17 novembre 2011, au plus fort des turbulences qui avaient ébranlé la zone euro. La situation actuelle n'est donc pas comparable à cette période de crise systémique, mais elle matérialise néanmoins une défiance durable des marchés obligataires envers la trajectoire des finances publiques françaises.
Le repli du CAC 40 de 1,12% en séance, soit une baisse notable, là où le DAX progresse de 0,63% et le FTSE 100 de 0,23%. Il illustre une divergence entre Paris et ses voisins européens qui fait écho à la prudence observable sur le marché obligataire. Le SBF 120 recule pour sa part de 1,04%, confirmant la tonalité négative propre aux actifs français ce jour.