Idéal Investisseur
Français English
CAC 40 : Marché ouvert
7 794,86 pts
-0.89%


Dernière mise à jour : 07/10/2026 - 12h08
🏠 Accueil   ➤    Economie

IA, pétrole et droits de douane compliquent le scénario de désinflation de la Fed

La Réserve fédérale américaine doit désormais composer avec plusieurs sources d'inflation susceptibles de se renforcer mutuellement. Mary Daly, présidente de la Fed de San Francisco, a pointé trois risques : l'essor des investissements dans l'intelligence artificielle, les tensions persistantes sur l'énergie et la possibilité de nouveaux droits de douane. Une combinaison qui pourrait rendre le retour de l'inflation vers 2 % plus difficile qu'attendu.


IA, pétrole et droits de douane compliquent le scénario de désinflation de la Fed

L'intelligence artificielle fait apparaître un nouveau risque sur les composants

Dans un entretien publié le 6 octobre par Axios, Mary Daly insiste notamment sur les conséquences possibles de l'explosion de la demande liée à l'intelligence artificielle. L'enjeu ne se limite plus à la construction de centres de données : les besoins considérables de l'industrie en semi-conducteurs et en mémoire pourraient finir par réduire les volumes disponibles pour d'autres secteurs.

La responsable de la Fed de San Francisco rapporte que certaines entreprises commencent déjà à sécuriser leurs approvisionnements ou à revoir la conception de leurs produits. Si ces tensions s'étendaient à l'automobile, à l'électroménager ou à d'autres industries consommatrices de composants, elles pourraient exercer une nouvelle pression sur les prix.

Mary Daly considère ainsi que le choc technologique pourrait durer plus longtemps que les perturbations d'offre auxquelles une banque centrale choisit généralement de ne pas réagir immédiatement.

Le contexte monétaire s'est déjà durci. Le 16 septembre, la Fed a relevé d'un quart de point sa fourchette cible pour les Fed funds, désormais fixée entre 3,75 % et 4 %. Le taux effectif des Fed funds s'est ensuite établi à 3,88 %. En parallèle, l'indice des prix à la consommation américain affichait encore une progression de 3,4 % sur un an en août, selon le Bureau of Labor Statistics.

Le pétrole ajoute une pression supplémentaire sur les prix

Gratuit · Chaque matin
Les signaux techniques du marché, avant l'ouverture.
Dynamiques haussières et baissières, changements d'analystes, valeurs à surveiller — calculés automatiquement sur les données Euronext.
✓ Avant 9h chaque matin ✓ Données Euronext ✓ Analyse automatique IA

L'énergie constitue le deuxième risque identifié par Mary Daly. Les cours du brut restent élevés dans un environnement marqué par les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine. Mardi 6 octobre, le Brent a terminé à 100,58 dollars le baril tandis que le WTI américain clôturait à 89,44 dollars. Les prix ont peu évolué sur la séance, le marché étant partagé entre le redressement des exportations en provenance du Moyen-Orient et le risque de nouvelles perturbations de l'offre.

Une énergie durablement chère peut alimenter l'inflation directement à travers les carburants, mais aussi indirectement en augmentant les coûts de transport et de production. Les projections de l'Energy Information Administration illustrent également les tensions persistantes sur le marché. Pour 2026, l'agence américaine prévoit une consommation mondiale de pétrole et autres combustibles liquides supérieure à la production, avant une remontée plus nette de l'offre en 2027. Ces estimations restent dépendantes de la situation géopolitique, de la politique de production de l'OPEP+ et de la conjoncture mondiale.

Les droits de douane pourraient prolonger le choc inflationniste

Le troisième sujet de vigilance est la politique commerciale américaine. Mary Daly redoute qu'un nouveau cycle de négociations aboutisse à des droits de douane supplémentaires, alors que les entreprises ont déjà dû absorber une première série de changements tarifaires. Le problème pour la Fed tient surtout au cumul possible de ces facteurs. Des composants électroniques plus chers, une énergie durablement onéreuse et de nouvelles barrières commerciales pourraient simultanément augmenter les coûts des entreprises et ralentir le processus de désinflation.

Mary Daly a ainsi soutenu la hausse de 25 points de base décidée par la Fed en septembre, une décision qu'elle a jugée nécessaire dans le contexte actuel. Elle ne préjuge toutefois pas des prochaines réunions : la suite dépendra de la persistance de ces chocs, de leur transmission aux prix ainsi que de l'évolution de l'activité et du marché du travail.

Les marchés hésitent sur la prochaine étape de la Fed

La remontée des risques inflationnistes ne signifie pas que les investisseurs anticipent une hausse de taux à chaque réunion. Les marchés continuent d'ajuster leurs scénarios en fonction des statistiques économiques, des cours de l'énergie et des déclarations des responsables de la banque centrale. Le scénario de taux américains durablement élevés reste néanmoins présent. Il tend à augmenter le coût du financement des ménages et des entreprises et peut peser davantage sur les actifs dont la valorisation repose sur des bénéfices éloignés dans le temps. Des rendements américains élevés peuvent également soutenir le dollar lorsque l'écart de taux avec les autres grandes économies se creuse.

La France affronte parallèlement une forte tension sur sa dette

En Europe, les investisseurs surveillent également la dégradation du climat obligataire français. Les inquiétudes sur la trajectoire des finances publiques et l'incertitude politique ont entraîné une forte hausse de la prime de risque réclamée pour détenir de la dette française. Le rendement de l'OAT française à dix ans évoluait autour de 4,74 % le 6 octobre, contre environ 3,45 % pour le Bund allemand de même échéance. L'écart entre les deux taux avoisinait 129 points de base après avoir dépassé 150 points de base au cours des séances précédentes. Il s'agit de niveaux qui n'avaient plus été observés depuis la crise des dettes souveraines européennes du début des années 2010.

Le coût de la dette commence à peser davantage sur le budget

Cette hausse des taux intervient alors que les comptes de l'État restent fortement déficitaires. À la fin août, le déficit budgétaire de l'État atteignait 159,6 milliards d'euros, contre 157,5 milliards un an auparavant. Bercy explique notamment cette évolution par l'augmentation de la charge de la dette, les dépenses militaires et les dispositifs liés au service public de l'énergie. Ces chiffres correspondent toutefois à une situation intermédiaire en cours d'exercice : ils ne permettent pas à eux seuls de déterminer le niveau du déficit à la fin de l'année.

Le projet de budget 2027 table sur une amélioration progressive

Le scénario présenté avec le projet de loi de finances pour 2027 prévoit un déficit public équivalent à 5,4 % du PIB en 2026, puis à 5 % en 2027. Le gouvernement retient parallèlement une croissance de 0,5 % cette année et de 1 % l'an prochain. Ces chiffres constituent des prévisions et non des résultats acquis. Leur réalisation dépendra notamment de la croissance, de l'inflation, du niveau des taux d'intérêt, de l'évolution de la situation internationale ainsi que des modifications qui pourront intervenir lors de l'examen parlementaire du budget.

Un environnement plus complexe pour les banques centrales et les investisseurs

La combinaison actuelle place les banques centrales face à une équation délicate. Une inflation alimentée par des contraintes d'offre, des tensions géopolitiques ou des mesures commerciales peut persister alors même que des taux élevés commencent à freiner l'économie. Pour les marchés, l'enjeu ne consiste donc plus seulement à déterminer la date des prochaines décisions de la Fed. Il s'agit aussi d'évaluer la durée de ces différents chocs, leur capacité à se transmettre aux prix et la marge de manœuvre dont disposeront les banques centrales si la croissance ralentit sans que l'inflation ne revienne rapidement vers leurs objectifs.





Gratuit · chaque matin · avant 9h
Ne ratez plus rien sur vos actions
La tendance derrière les cours · Euronext
Annonce
Chaque matin
Les signaux techniques du marché,
avant l'ouverture.
CAC 40 · SBF 120 · Signaux · Analystes
🤖
Édition du jour — avant bourse
CAC 40
7 702
-0,87%
SBF 120
5 827
-0,87%
📈 Signaux haussiers
+5,2%
+1,8%
+0,9%
📉 Signaux baissiers
-14%
-5,7%
🔄 Avis analystes
▲ 35 €
▼ 80 €
Inscrivez-vous pour tout voir →
Avant 9h chaque matin
Données Euronext
Analyse automatique IA





BOURSE · Chaque matin
La synthèse bourse,
avant l'ouverture.
Notre moteur analyse chaque nuit le CAC 40 et le SBF 120. Ce qui mérite attention remonte directement dans votre boîte mail. Gratuit.
✓ Avant 9h00 ✓ 1000+ inscrits ✓ 100% gratuit
Gratuit · chaque matin
Ne ratez plus rien sur vos actions
La tendance derrière les cours sur les valeurs Euronext, chaque matin avant 9h.
tendance · 6 séances
📈les valeurs en mouvement, sur la durée
🎯les objectifs d'analystes qui évoluent
📰les actualités qui font bouger les cours