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Pouvoir d'achat : une consommation qui résiste, mais sous contrainte durable

Malgré le reflux de l'inflation et une croissance économique modérée, la situation du pouvoir d'achat des ménages français demeure fragile fin 2025. Les dernières données publiées par l'Insee et les projections de la Banque de France dessinent un paysage contrasté : la consommation tient, mais au prix d'arbitrages budgétaires de plus en plus contraints et d'un recours persistant à l'épargne.

Pouvoir d'achat : une consommation qui résiste, mais sous contrainte durable
Temps de lecture : 2 minute(s) - Par Sophie Larochelle | Mis à jour le 23-12-2025 11:06 | Publié le 23-12-2025 10:47

Un pouvoir d'achat encore affaibli par le choc inflationniste passé

Après deux années marquées par une inflation élevée, le pouvoir d’achat reste pénalisé par les effets cumulés de la hausse des prix observée en 2022 et 2023. Selon l’Insee, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut par unité de consommation a reculé au troisième trimestre 2025 (-0,4 % par rapport au trimestre précédent), confirmant que l’amélioration observée en 2024 n’a pas suffi à restaurer durablement la capacité de consommation des ménages.

L’inflation a certes nettement ralenti en 2025, évoluant autour de 1 % en moyenne sur l’année, contre plus de 5 % en 2022. Cette normalisation des prix a permis un redressement progressif des salaires nominaux, notamment via les négociations salariales. Toutefois, les hausses de revenus ne compensent pas totalement l’érosion antérieure du pouvoir d’achat, en particulier pour les ménages modestes et les classes intermédiaires.

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Une consommation stable, soutenue par l'épargne

Malgré ces tensions, la consommation des ménages ne s’effondre pas. D’après les comptes nationaux, elle progresse faiblement mais reste globalement stable sur l’année 2025, avec une évolution légèrement positive sur les derniers trimestres.

Cette résilience repose en grande partie sur un niveau d’épargne toujours élevé. Le taux d’épargne des ménages atteint environ 18 % du revenu disponible brut au troisième trimestre 2025, soit près de trois points au-dessus de sa moyenne d’avant-crise sanitaire, estimée autour de 15 %. L’épargne joue ainsi un rôle d’amortisseur face à l’incertitude économique et budgétaire, permettant de lisser la consommation au détriment de dépenses discrétionnaires ou de projets d’investissement à long terme.


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Une croissance modérée, sans véritable moteur interne

Sur le plan macroéconomique, la France évolue dans un environnement de croissance limitée. La Banque de France anticipe une progression du PIB d’environ 0,9 % en 2025, après une croissance estimée à 1,1 % en 2024. Cette dynamique modérée reflète une demande intérieure peu vigoureuse et un contexte international encore incertain.

Dans ce cadre, le pouvoir d’achat progresse faiblement sur l’ensemble de l’année, avec une hausse annuelle estimée inférieure à 1%. L’Insee souligne que cette évolution reste insuffisante pour soutenir un véritable redémarrage de la consommation, d’autant que les revenus du patrimoine sont pénalisés par la normalisation monétaire et que la pression fiscale demeure élevée pour certains ménages.



Quelles perspectives pour 2026 ?

Les perspectives pour 2026 demeurent prudentes. Les projections disponibles suggèrent une croissance du pouvoir d’achat encore limitée, dans un contexte de finances publiques contraintes et d’incertitudes autour de la politique budgétaire. La Banque de France table sur une croissance du PIB proche de 1 %, avec une inflation stabilisée autour de 1 %, ce qui limiterait les marges de progression du revenu réel des ménages.

Dans ces conditions, la consommation devrait rester un pilier de l’activité économique, mais sans jouer un rôle moteur. Pour les observateurs économiques et les investisseurs, cette situation traduit une demande intérieure structurellement contrainte, où le niveau élevé de l’épargne constitue moins un signal de confiance qu’un indicateur de prudence face aux incertitudes économiques et fiscales.