Un pétrole à 135 $ ferait perdre 0,5 % de production mondiale, selon l'OCDE
Dans son rapport intermédiaire de mars 2026, l’OCDE teste deux scénarios autour du conflit au Moyen-Orient. Le plus défavorable, fondé sur un baril à 135 dollars et un gaz TTF à 77 €/MWh, ferait reculer la production mondiale d’environ 0,5 % à l’horizon de deux ans et raviverait l’inflation.
Scénario défavorable : contraction de 0,5 % de la production mondiale
Dans un scénario défavorable, une hausse inattendue des prix de l'énergie entraînerait une réduction de la production mondiale d'environ 0,5 % à l'horizon deux ans. Ce scénario retient des prix du pétrole de 135 USD le baril en moyenne au deuxième trimestre 2026 et des prix du gaz naturel TTF de 77 EUR/MWh, soit des niveaux supérieurs de 26 % et 17 % respectivement à ceux de la trajectoire de référence. Les prix à la consommation augmenteraient de 0,9 % en moyenne à l'échelle mondiale, avec des effets plus sensibles dans les économies de marché émergentes et en développement.
Les autorités monétaires procèderaient à des augmentations de taux directeurs de 25 à 50 points de base dans de nombreuses économies pour maintenir les anticipations d'inflation ancrées. Les économies de la région Asie-Pacifique seraient particulièrement affectées en raison de l'importance de leurs importations énergétiques, notamment le Japon et la Corée, dont les importations nettes d'énergie représentent plus de 80 % de la consommation intérieure.
Ce scénario n'intègre pas les réductions forcées de consommation d'énergie par les entreprises en cas de graves pénuries, qui produiraient des effets négatifs accrus sur la croissance à court terme. Les perturbations potentielles des approvisionnements pourraient s'intensifier du fait du niveau relatif bas des réserves européennes de gaz et de l'absence de capacité de substitution pour exporter les capacités mondiales de production de pétrole brut inutilisées, principalement situées en Arabie saoudite.
Scénario favorable : augmentation de 0,3 % de la production mondiale
Dans le scénario favorable étudié par l'organisme, une désescalade des hostilités plus rapide que prévu entraînerait un retour des prix de l'énergie vers leurs niveaux d'avant le conflit en quelques mois. La production mondiale augmenterait d'environ 0,3 % la deuxième année, les revenus réels s'améliorant dans les économies importatrices d'énergie. Les taux d'intérêt directeurs seraient réduits d'environ 25 points de base dans de nombreuses économies en raison de l'atténuation des tensions inflationnistes. Les prix à la consommation diminueraient, leur niveau mondial étant inférieur de 0,7 % environ à la fin de la deuxième année suivant le choc.
Enfin, l'OCDE note que les perturbations actuelles devraient s'atténuer progressivement et être limitées en 2027, selon les anticipations de recul des prix de l'énergie observées sur les marchés à terme.