Barnes conteste son rôle d’indicateur de richesse
Une étude associe la présence des agences Barnes à la richesse, une approche que l'enseigne immobilière qualifie d'abusive.
Quand une étude ravive le débat sur la richesse
Le 4 septembre, la Fondation Jean Jaurès a publié une vaste enquête sur la constitution et la transmission des patrimoines en France contemporaine, sous la plume du politologue Jérôme Fourquet et de la chercheuse Marie Gariazzo. Intitulée La roue de la fortune, elle analyse les dynamiques sociales et territoriales de l’accumulation du capital.
Parmi les chapitres, un passage retient particulièrement l’attention : les auteurs y proposent une cartographie des « propriétaires aisés » en se basant sur… l’implantation des agences Barnes. L’idée : là où l’enseigne d’immobilier haut de gamme est présente, on trouve une concentration de hauts patrimoines. Les chercheurs vont même jusqu’à créer un « Indicateur Barnes » censé refléter la géographie de la richesse.
Problème : la méthodologie n’a pas été validée par l’entreprise. Barnes affirme n’avoir jamais été consultée sur ce projet et se désolidarise totalement de cette approche. « Cette utilisation abusive porte préjudice à une société reconnue depuis trente ans pour sa discrétion et le respect absolu de la confidentialité de ses clients », explique Thibault de Saint Vincent, président de Barnes. Il souligne que la citation qui lui est attribuée dans l’étude n’est en réalité qu’un extrait repris du site internet de la maison, utilisé hors contexte.
Une polémique entre science sociale et stigmatisation
Pour l’entreprise, l’étude dépasse son sujet en multipliant amalgames et raccourcis. Le fait de corréler la richesse à la simple présence de ses agences revient, selon elle, à verser dans une logique de désignation sociale. Les auteurs répertorient même, quartier par quartier à Paris, la concentration des familles à particule, ce qui fait réagir l’enseigne : « Sous couvert de science sociale, on glisse de la jalousie chronique envers la réussite à une tentation de la chasse aux sorcières », déplore Barnes.
La controverse dépasse le cas de l’enseigne. Elle met en lumière la difficulté d’analyser la répartition du patrimoine en France sans tomber dans des biais ou des caricatures. Entre volonté scientifique de comprendre les inégalités et tentation politique de pointer du doigt, la frontière est ténue. Barnes, de son côté, préfère défendre une vision « positive de la réussite, de la transmission et de l’art de vivre », loin des débats idéologiques.
Cet épisode illustre un malaise français récurrent : la richesse suscite à la fois fascination et rejet. Les travaux académiques, lorsqu’ils manquent de prudence, peuvent vite alimenter un climat de défiance. Pour Barnes, la priorité reste claire : continuer son activité sans être instrumentalisée dans un débat politique qui la dépasse.
La richesse, entre fascination et rejet
Cet épisode illustre un malaise français récurrent : la richesse suscite à la fois fascination et rejet. Les travaux académiques, lorsqu’ils manquent de prudence, peuvent vite alimenter un climat de défiance. Pour Barnes, la priorité reste claire : continuer son activité sans être instrumentalisée dans un débat politique qui la dépasse.