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L'année 2026 s'ouvre dans un contexte paradoxal : une économie mondiale plus stable qu'attendu, une inflation en voie de normalisation, un dollar en repli, et un super-cycle technologique qui continue de transformer les modèles économiques. Lors d'une conférence le 4 décembre, Pictet Asset Management a présenté ses convictions : optimisme mesuré sur les actions, prudence sélective sur le crédit, et vigilance sur la dispersion créée par l'intelligence artificielle.
L'économie américaine ralentit sans véritablement céder. Le taux de chômage devrait atteindre 4,5 % en 2026, un niveau légèrement supérieur au plein emploi estimé, mais encore compatible avec une économie robuste. La Réserve fédérale, après une séquence de resserrement rapide, devrait poursuivre ses baisses de taux jusqu'à un niveau terminal autour de 3 %. La demande des ménages sera soutenue par un programme de crédits d'impôt de 70 milliards de dollars en début d'année, un élément rarement intégré dans les projections macro habituelles.L'inflation américaine se stabilise autour de 3 %, une zone que la Fed juge acceptable pour maintenir une politique monétaire accommodante. Le dollar, quant à lui, poursuit sa correction après une baisse marquée de 12 % en 2025 ; Pictet anticipe encore 4 à 5 % de repli du Dollar Index en 2026. Cette détente contribue à apaiser les conditions financières globales.Sur les marchés, les « sept magnifiques » continuent de concentrer l'attention. Leurs bénéfices représentent 37 % de ceux du S&P 500, une concentration inédite. La différence majeure avec l'an 2000 tient cependant aux fondamentaux : la plupart de ces sociétés affichent des marges élevées, une rentabilité solide et des flux de trésorerie conséquents. Même si certaines valorisations, comme celle de Palantir (P/E 200), paraissent extrêmes, elles s'inscrivent dans un paysage technologique où les modèles économiques sont plus mûrs et l'usage mieux établi.
Pour Pictet, l'IA constitue un super-cycle d'innovation qui dépasse le cadre des marchés financiers. L'adoption rapide, illustrée par ChatGPT atteignant un million d'utilisateurs en cinq jours, s'appuie sur des investissements massifs dans les centres de données, la robotique et les infrastructures. Les États-Unis dominent les modèles de langage, la Chine la robotique et l'IA non cotée. Dans les deux cas, l'accélération technologique crée des écarts croissants entre les entreprises capables d'en tirer parti et celles qui resteront en marge — un phénomène majeur pour la sélection de titres.Pictet reste positif sur les actions, notamment aux États-Unis, mais ne fait pas de la technologie une préférence systématique. Les énergies solaires, certaines biotechs et plusieurs segments chinois offrent des opportunités. Sur les obligations, la maison privilégie la dette souveraine européenne, jugée plus saine que la dette américaine dans un contexte de dette publique croissante outre-Atlantique. Elle demeure neutre sur le crédit IG et prudente sur le High Yield, où les spreads serrés ne reflètent plus l'intégralité des risques sectoriels.Les risques restent présents : volatilité du Bitcoin, toujours plus corrélé au Nasdaq ; trajectoire macro incertaine en Chine ; fragilités du crédit privé américain ; et rôle ambigu de la Banque du Japon, dont un éventuel relèvement des taux pourrait déstabiliser le carry trade global.