ArcelorMittal : perte nette de 391 M$ au troisième trimestre liée à l'Ukraine, BPA ajusté au-dessus des attentes
ArcelorMittal a publié, le 5 novembre 2026, une perte nette de 391 M$ au troisième trimestre, contre un bénéfice net de 377 M$ un an plus tôt.
Dans le même temps, son résultat net ajusté a progressé à 868 M$, contre 474 M$. L'écart tient à la mise à l'arrêt de son site ukrainien de Kryvyi Rih, qui a entraîné 852 M$ de dépréciations et 293 M$ de charges exceptionnelles.
Hors ces éléments, le trimestre ressort au-dessus des attentes. Le BPA ajusté de base atteint 1,15 $, contre une moyenne de 0,99 $ anticipée par les analystes.
L'EBITDA progresse de 34 % sur un an, à 2 023 M$, pour un consensus de 1 972 M$ rendu public par le groupe le 2 novembre. Seul le chiffre d'affaires, à 16,47 Mds$, reste en deçà des 16,88 Mds$ attendus.
L'arrêt du site ukrainien fait basculer le résultat net en perte
Le 25 septembre 2026, le groupe avait indiqué ne plus pouvoir exploiter son site de Kryvyi Rih de manière sûre et durable, après plusieurs frappes de missiles.
Les charges liées à cette mise à l'arrêt font passer le résultat opérationnel à une perte de 131 M$, contre un bénéfice de 1 055 M$ au deuxième trimestre. La marge opérationnelle recule ainsi de 4,3 points sur un an, à -0,8 %.
S'y ajoute une réduction de 170 M$ des impôts différés actifs. En excluant ces éléments, le résultat net ajusté progresse de 683 M$ à 868 M$ d'un trimestre à l'autre. Le BPA ajusté de base passe de 0,90 $ à 1,15 $.
Depuis le début du conflit, ArcelorMittal indique avoir apporté plus de 700 M$ de soutien financier à cette activité. Le groupe prévoit désormais des dépenses limitées, concentrées sur la préservation des actifs, la sécurité et la conformité environnementale. Il conserve la possibilité d'un redémarrage.
Le Brésil compense en partie le recul de l'Europe et des mines
L'EBITDA par tonne s'établit à 155 $, stable sur un trimestre et en hausse de 44 $ sur un an. La marge d'EBITDA progresse de 2,7 points sur un an, à 12,3 %, au même niveau qu'au deuxième trimestre. L'EBITDA du groupe recule toutefois légèrement d'un trimestre à l'autre, de 2 064 M$ à 2 023 M$.
L'Europe, premier segment avec 7,64 Mds$ de ventes, voit son EBITDA reculer de 697 M$ à 548 M$. Le groupe l'explique par la baisse des livraisons de produits longs et par un décalage temporaire entre la hausse rapide des coûts et les prix de vente.
Les livraisons de produits plats européens progressent néanmoins de 1,1 %, à 5,2 Mt, à rebours de la saisonnalité habituelle. ArcelorMittal y voit les premiers effets du nouveau mécanisme de contingents tarifaires. Plus de 25 % des volumes de produits plats en Europe relèvent de contrats annuels qui n'ont pas encore été ajustés.
À l'inverse, l'EBITDA du Brésil progresse de 26,2 %, à 506 M$, et celui de l'Amérique du Nord reste stable, à 487 M$. Dans cette zone, une hausse de 5,7 % des prix de vente a compensé un recul de 6,6 % des livraisons, lié notamment à une grève au Canada résolue début octobre.
Le segment minier recule de 179 M$ à 128 M$, sous l'effet d'une baisse de 7,8 % des prix de référence du minerai de fer et de la hausse du fret. Les solutions durables cèdent 16,2 %, à 119 M$, ce que le groupe attribue à la saisonnalité.
Sur neuf mois, le résultat net ajusté recule malgré la hausse de l'EBITDA
Sur les neuf premiers mois, l'EBITDA progresse de 4 948 M$ à 5 766 M$. Le résultat net ajusté recule pourtant de 2 284 M$ à 2 126 M$. Cet écart s'explique en partie par la hausse des charges d'intérêts nettes, passées de 205 M$ à 450 M$, et par une perte de change et de financement de 356 M$, contre un gain de 37 M$.
La dette nette atteint 10,3 Mds$ fin septembre, contre 9,5 Mds$ fin juin, après 390 M$ de retours aux actionnaires et une hausse du besoin en fonds de roulement de 492 M$ sur le trimestre.
Sur neuf mois, ce dernier atteint 2,5 Mds$, et le groupe anticipe qu'il se résorbe en grande partie au quatrième trimestre. La liquidité s'élève à 8,7 Mds$.
Les dépenses d'investissement attendues pour 2026 restent fixées entre 4,5 et 5,0 Mds$. En revanche, la contribution des projets stratégiques en 2026 est ramenée à environ 0,5 Md$, contre 0,7 Md$ annoncé auparavant. Le Liberia devrait en effet expédier environ 16 Mt de minerai, contre environ 18 Mt prévues.
Le groupe estime que ce retard sera rattrapé en 2027 et maintient à environ 1,8 Md$ le potentiel d'EBITDA supplémentaire de ces projets. Il anticipe par ailleurs une hausse à deux chiffres sur un an de ses livraisons de produits plats au quatrième trimestre.