Genfit affiche 9,6 M€ de chiffre d’affaires au T1 2026 grâce aux redevances d’Iqirvo
Genfit a généré 9,6 M€ de chiffre d’affaires au cours des trois premiers mois de 2026, provenant des redevances issues des ventes d’Iqirvo par Ipsen. Ce dénouement survient plus tôt que prévu : le premier jalon commercial de 20 millions de dollars a été déclenché dès fin 2025, à un an d'avance sur les prévisions initiales. Mais cette amélioration apparente occulte une réalité structurelle : la biotech française reste largement dépendante de l'exécution d'Ipsen et de futurs catalyseurs externes pour maintenir une viabilité financière au-delà de fin 2028.
La trésorerie de 136,1 millions d'euros, bien que supérieure au 31 mars 2025 (129,5 M€) et au 31 décembre 2025 (101,1 M€), s'appuie sur trois piliers : la continuation des ventes d'Ipsen, la réception prévue de futurs jalons commerciaux et l'exercice éventuel d'un troisième versement du financement par partage de redevances.
Premiers revenus significatifs, triplement de la base
Genfit a enregistré un chiffre d'affaires de 9,6 millions d'euros pour les trois premiers mois de 2026, contre 2,8 millions d'euros au premier trimestre 2025. Cette hausse provient exclusivement des redevances touchées sur les ventes d'Iqirvo par Ipsen, seul générateur de revenus actuellement opérationnel pour la biotech.
Les ventes nettes d'Iqirvo ont atteint 78,8 millions d'euros au premier trimestre 2026. Cette accélération s'explique par un nombre de patients plus élevé aux États-Unis et des lancements réussis dans plusieurs pays européens. En 2025, les ventes annuelles totales d'Iqirvo avaient atteint 208 millions de dollars, déclenchant le premier paiement d'étape commercial de 20 millions de dollars à Genfit.
Trésorerie renforcée par deux paiements, mais dépendante de conditions externes
La trésorerie et équivalents s'élèvent à 136,1 millions d'euros au 31 mars 2026, en progression de 6,6 millions d'euros par rapport au 31 mars 2025. Cette augmentation est alimentée par deux éléments reçus au premier trimestre 2026 : le premier jalon commercial de 17 millions d'euros (20 millions de dollars), ainsi qu'un deuxième versement de 30 millions d'euros au titre du financement par partage de redevances avec HCRx.
Cependant, Genfit précise que cette trésorerie, censée couvrir les dépenses opérationnelles et en capital au-delà de fin 2028, repose sur deux hypothèses critiques : la réception de futurs paiements d'étapes commerciaux significatifs selon l'accord avec Ipsen et l'atteinte par Ipsen des seuils de vente attendus. La société envisage également l'exercice éventuel d'une troisième tranche optionnelle du financement par partage de redevances.
Pipeline clinique : catalyseurs multiples, mais calendrier long
Genfit confirme ses échéances précédentes sur l'ensemble de ses plateformes de croissance. Pour GNS561 (cholangiocarcinome), les données de sécurité de phase 1b sont attendues mi-2026, avec des données complémentaires au deuxième semestre 2026. Pour G1090N/nitazoxanide (décompensation aiguë sur cirrhose), une étude de preuve de concept doit être initiée au second semestre 2026, avec des données attendues en 2027. En diagnostic, le lancement commercial par Labcorp de NASHnext (basé sur la technologie Genfit) est attendu dans les prochaines semaines. Dans l'indication PSC (cholangite sclérosante primitive), Ipsen a initié l'étude ELASCOPE de phase 3, avec une lecture des résultats attendue vers 2031.