L'action Danone plonge de 8,42 % à la clôture, plombée par les risques chinois
Le titre Danone a enregistré la plus forte baisse du CAC 40 ce mercredi 21 janvier avec un recul de 9,35 % à 66,72 euros en séance, pour finalement clôturer à 67,40 euros en repli de 8,42 %. Les bureaux d'études ont commenté pointé la chute de la natalité en Chine. Bank of America a réitéré son avis à sous-performance avec un objectif légèrement abaissé de 70 à 69 euros. Ce mouvement intervient également après un rappel de laits infantiles à Singapour le 17 janvier concernant deux produits dont Dumex Dulac 1 de Danone, après la détection de la toxine cereulide.
Un contexte chinois défavorable qui inquiète les analystes
Bank of America a indiqué que les naissances en Chine ont chuté à 7,92 millions pour l'exercice 2025, soit une baisse de 17 % par rapport à l'année précédente, après un rebond temporaire lors de l'exercice 2024, où les naissances avaient augmenté de 5,7 % pour atteindre 9,54 millions. Cette dynamique pèse directement sur l'activité nutrition infantile du groupe, segment hautement rentable. La banque estime que la Chine représente environ 13 % des ventes du groupe et approximativement 30 % du résultat d'exploitation ajusté avant intérêts et impôts. La nutrition infantile en Chine est estimée représenter environ 7 % des ventes du groupe et 18 % de l'EBIT ajusté, soutenue par des marges d'environ 35 %.
La pression démographique reste prononcée, avec les femmes âgées de 20 à 34 ans, identifiées comme la cohorte à plus forte fertilité, qui devraient diminuer d'environ 2,2 % par an au cours des trois prochaines années. Deutsche Bank a dégradé sa recommandation de acheter à conserver le 13 janvier, abaissant son objectif de cours de 74,00 à 67,00 euros, un niveau désormais proche du cours actuel. À l'inverse, UBS a relevé sa cible de 86,00 à 95,00 euros le 12 janvier en maintenant sa recommandation d'achat, et Bernstein a rehaussé son conseil à surperformance avec un objectif porté de 83,00 à 92,00 euros le 7 janvier.
Un titre qui rompt ses équilibres techniques de moyen terme
L'action s'inscrit nettement sous sa moyenne mobile à 50 jours établie à 76,85 euros, marquant une rupture technique significative après plusieurs séances déjà difficiles. Plus préoccupant encore, le titre évolue désormais légèrement sous sa moyenne mobile à 200 jours située à 74,00 euros, franchissant ainsi un seuil psychologique important pour les investisseurs. Ce passage sous cette référence de long terme signale un affaiblissement structurel de la dynamique haussière. Le RSI s'établit à 34, traduisant une zone de faiblesse relative sans pour autant signaler une survente extrême, ce qui laisse encore place à un éventuel ajustement supplémentaire.
Au-delà des aspects techniques, des tensions sociales liées à la fermeture annoncée de l'usine Blédina de Villefranche-sur-Saône ont conduit à une mobilisation de salariés le 20 janvier lors d'une convention managers à Lyon, ajoutant une dimension sociale au contexte opérationnel du groupe. Les prochains résultats annuels attendus le 20 février 2026 seront scrutés pour confirmer la capacité du groupe à tenir ses engagements dans un environnement volatil. La guidance reste inchangée avec une croissance du chiffre d'affaires en données comparables entre 3 % et 5 % et une progression plus rapide du résultat opérationnel courant.