Le CAC 40 lâche encore du terrain malgré le sursaut de L'Oréal, Kering et Safran dévissent
Le CAC 40 recule de 0,66 % à 7 759,34 points. La séance parisienne reste sous pression, dans un climat marqué par la flambée des taux français et le regain de tension sur les prix du pétrole. Neuf valeurs seulement progressent, contre trente et une en repli.
Une séance tendue, entre taux et pétrole
L'ambiance est lourde sur les marchés européens. La veille, le rendement de l'OAT française à dix ans a franchi le seuil de 5 %, une première depuis 2002, tandis que l'écart avec le Bund allemand s'est rapproché de ses sommets de la crise de la dette de 2011. Cette prime de risque élevée sur les actifs français pèse sur le moral des investisseurs, à l'heure où le calendrier budgétaire reste chargé et où une décision attendue de Moody's sur la note souveraine nourrit la nervosité.
En toile de fond, les prix de l'énergie restent orientés à la hausse. Le Brent s'est hissé au-dessus de 111 dollars le baril, soutenu par de nouvelles tensions au Moyen-Orient et des incidents signalés sur des tankers près du détroit d'Ormuz. L'indice de volatilité VIX bondit de 17,39 %, signe d'un regain d'aversion au risque. La veille à Wall Street, le Nasdaq 100 avait cédé 2,9 % à la clôture de jeudi 22 octobre, et le S&P 500 reculait de 1,21 %, tandis que le Dow Jones terminait quasi stable.
L'Oréal porte les rares hausses, TotalEnergies profite du pétrole
Dans ce contexte morose, L'Oréal fait figure d'exception. Le titre bondit de 4,88 % à 433,15 euros, après la publication d'un chiffre d'affaires trimestriel de 11,56 milliards d'euros, au-dessus du consensus des analystes malgré un recul en Amérique latine lié au Mexique. BNP Paribas Exane a relevé son objectif de cours de 460 à 500 euros, en réitérant son conseil à surperformance.
TotalEnergies profite de la fermeté des cours du brut et gagne 2,19 % à 81,73 euros. Carrefour avance de 1,24 % à 13,86 euros, même après avoir abaissé ses objectifs 2026, pénalisé par la dégradation de la situation sociale en France. EssilorLuxottica progresse également de 1,24 %, soutenu par le relèvement de sa note de crédit à long terme par S&P, portée à A+ avec perspective stable. Saint-Gobain complète le peloton de tête, en hausse de 1,17 %.
Kering décroche, Safran et le luxe plombent la cote
Le repli se concentre sur quelques poids lourds. Kering s'effondre de 12,58 % à 186,64 euros, après un chiffre d'affaires trimestriel stable de 3,345 milliards d'euros, en léger retrait à périmètre comparable. Le recul de Gucci a été compensé par la joaillerie, mais la sanction est sévère : Goldman Sachs a ramené son objectif de 250 à 230 euros, Jefferies de 220 à 200 euros.
Safran chute de 7,88 % à 278,20 euros. L'équipementier a publié un chiffre d'affaires de 9 milliards d'euros au troisième trimestre, en hausse de 14,7 %, et confirmé ses objectifs annuels, mais la publication fait apparaître un ralentissement, trimestre après trimestre, de la croissance des pièces de rechange pour moteurs civils.
Le luxe reste sous pression : Hermès cède 2,56 % à 1 256,50 euros, après une croissance ramenée à 4,3 % au troisième trimestre. Berenberg a abaissé son conseil à conserver, avec un objectif ramené à 1 230 euros. Accor perd 2,87 % à 44,72 euros, malgré un chiffre d'affaires en progression de 9,8 %, et STMicroelectronics recule de 2,31 %, dans le sillage du repli de la technologie à Wall Street.