Philips : ventes en hausse de 4 % au T2 et guidance relevée grâce au remboursement de droits de douane américains
Philips a publié le 27 juillet 2026 des résultats du deuxième trimestre marqués par une croissance comparable des ventes de 4 %, portée par l'ensemble des segments d'activité, pour un chiffre d'affaires de 4,4 milliards d'euros. La marge d'EBITA ajusté progresse à 16,4 %.
Cette marge intègre toutefois un effet de 4,2 points lié au remboursement de droits de douane américains perçus antérieurement, un processus que le groupe indique avoir largement finalisé au cours du trimestre. Hors cet élément, l'EBITA ajusté recule légèrement sous l'effet de l'inflation des coûts et de tarifs plus élevés, partiellement compensés par la hausse des ventes et les mesures de productivité.
Le groupe réitère son objectif de croissance comparable 2026 de 3 % à 4,5 % et relève deux composantes de sa guidance : la marge d'EBITA ajusté, portée à 13,5-14,0 % contre 12,5-13,0 % auparavant, et le free cash-flow, désormais attendu entre 1,5 et 1,7 milliard d'euros contre 1,3 à 1,5 milliard précédemment.
Ce relèvement d'environ 100 points de base sur la marge correspond, à l'échelle de l'exercice, à l'effet du remboursement douanier estimé par le groupe à environ 1 point. La trajectoire opérationnelle sous-jacente reste donc, elle, inchangée.
Croissance généralisée, marge amplifiée par un élément non récurrent
Philips a enregistré un chiffre d'affaires de 4,4 milliards d'euros au deuxième trimestre, en croissance comparable de 4 %, avec une contribution positive de tous les segments. Le résultat opérationnel ressort à 609 millions d'euros, incluant 186 millions d'euros au titre du remboursement de droits de douane américains.
La marge d'EBITA ajusté progresse à 16,4 %, dont 4,2 points imputables à ce remboursement. Hors cet effet, le groupe indique que l'EBITA ajusté a légèrement diminué, principalement sous l'effet de l'inflation des coûts et de droits de douane plus élevés, partiellement compensés par la hausse des ventes et les mesures de productivité.
Les trois divisions présentent des profils distincts. Diagnosis & Treatment progresse de 2 % en comparable, avec une marge d'EBITA ajusté de 13,9 % incluant environ 4,6 points de remboursement ; hors cet effet, l'EBITA ajusté de la division recule, pénalisé par l'inflation, les tarifs et des effets de mix défavorables.
Connected Care croît également de 2 %, avec une marge de 17,8 % incluant environ 6,1 points de remboursement. C'est le segment dont la dynamique propre est la plus solide : hors remboursement, son EBITA ajusté progresse, porté par les améliorations opérationnelles et les gains de productivité.
Personal Health signe la meilleure performance commerciale avec une croissance de 8 % et une marge portée à 23,0 %, incluant environ 5,0 points de remboursement. Hors cet effet, l'EBITA ajusté progresse également, soutenu par la hausse des ventes et la productivité.
Rapporté au consensus, le chiffre d'affaires trimestriel de 4,4 milliards d'euros ressort conforme aux attentes établies à 4,45 milliards d'euros.
Carnet de commandes en léger repli, productivité en bonne voie
Les prises de commandes comparables reculent de 1 % sur le trimestre. Ce repli s'explique par le décalage de certaines grandes commandes de Connected Care vers le troisième trimestre, en Amérique du Nord, la croissance enregistrée par Diagnosis & Treatment ne compensant que partiellement ce mouvement. L'Europe affiche pour sa part une croissance des commandes à deux chiffres.
Les flux de trésorerie opérationnels ressortent à 376 millions d'euros, un niveau globalement stable, mais cette stabilité résulte d'un effet de compensation : des sorties de besoin en fonds de roulement plus élevées ont été neutralisées par l'encaissement du remboursement douanier. Le free cash-flow s'établit à 222 millions d'euros, incluant lui aussi cet encaissement.
Le programme de productivité a dégagé 132 millions d'euros d'économies sur le trimestre et reste en bonne voie pour atteindre l'objectif de 1,5 milliard d'euros d'économies sur la période 2026-2028. Le groupe présente ce levier comme le principal moyen de compenser les pressions inflationnistes et tarifaires.
Le trimestre a également été riche en annonces commerciales et technologiques. Philips a lancé SmartIQ pour sa plateforme de thérapie guidée par l'image Azurion, avec un protocole ultra-bas dosage utilisant plus de 50 % de rayonnement X en moins que les réglages faible dose actuels, et dévoilé le système d'IRM 3.0T Titanion MR ainsi qu'une solution d'IRM 4D pour la planification en radiothérapie.
Côté contrats, le groupe accompagne la modernisation de plus de 200 hôpitaux en Pologne à travers plus de 300 projets, a été retenu par l'hôpital universitaire Karolinska pour le programme d'hospitalisation à domicile de la région de Stockholm, pouvant concerner jusqu'à 15 000 patients par an, et a signé des partenariats d'imagerie de long terme aux États-Unis et avec l'Imperial College Healthcare NHS Trust au Royaume-Uni.
Enfin, Philips a finalisé au deuxième trimestre la distribution du dividende au titre de 2025, soit 0,85 euro par action, payable au choix de l'actionnaire en numéraire ou en actions. Les actionnaires ont opté pour le paiement en numéraire à hauteur de 43,8 %.
Guidance relevée sur la marge et le cash, mais sur une base non récurrente
Philips réitère son objectif de croissance comparable des ventes pour 2026, compris entre 3 % et 4,5 %. Le groupe relève en revanche deux autres composantes de ses perspectives : la marge d'EBITA ajusté est portée à une fourchette de 13,5 % à 14,0 %, contre 12,5 % à 13,0 % précédemment, et le free cash-flow à 1,5-1,7 milliard d'euros, contre 1,3 à 1,5 milliard auparavant.
Le groupe précise que la nouvelle fourchette de marge intègre un effet du remboursement douanier estimé à environ 1 point sur l'exercice. Rapporté au relèvement effectif, d'environ 100 points de base en milieu de fourchette, cela signifie que la révision haussière est entièrement attribuable à cet élément : la trajectoire opérationnelle sous-jacente n'est pas modifiée.
Il convient de rappeler la nature de cet apport. Il ne s'agit ni d'un crédit d'impôt ni d'une aide publique, mais de la restitution de droits de douane que Philips avait acquittés. Le groupe indique par ailleurs avoir largement achevé ce processus de remboursement au cours du deuxième trimestre, ce qui en limite mécaniquement la répétition sur les prochains exercices.
Les perspectives 2026 intègrent les droits de douane actuellement connus, mais excluent les procédures en cours liées à Philips Respironics, dont l'enquête du ministère de la Justice américain et celle des procureurs généraux d'États. Ce point demeure un facteur d'incertitude non chiffré.
Pour l'investisseur, la lecture est double : la dynamique commerciale est réelle et généralisée, avec une croissance de 4 % sur l'ensemble des segments et un programme de productivité qui tient ses jalons, mais l'amélioration de la rentabilité affichée cette année doit être lue en retirant un élément qui ne se reproduira pas. Les prochains résultats trimestriels sont attendus le 3 novembre 2026.