Veolia : croissance de 5 % au troisième trimestre, objectifs 2026 confirmés
Veolia a publié le 2026-11-05 ses comptes des neuf premiers mois, qui font apparaître une accélération de l'activité en fin de période. À périmètre et changes constants et hors prix de l'énergie, le chiffre d'affaires a progressé de 5,0 % au troisième trimestre, contre 2,6 % sur l'ensemble des neuf mois.
Cette croissance s'accompagne d'une hausse de 0,5 point de la marge d'EBITDA, à 16,2 %, contre 15,7 % un an plus tôt. Le groupe a confirmé l'ensemble de ses objectifs pour 2026, alors que l'acquisition de Clean Earth aux États-Unis a alourdi sa dette financière nette.
La publication intervient après un trimestre boursier en repli : le 19 octobre 2026, l'action affichait un recul de 15,65 % sur trois mois. La veille des résultats, le titre avait gagné 1,76 %.
L'international et l'Europe portent l'accélération du troisième trimestre
Le rebond du troisième trimestre se lit dans les deux principales zones du groupe. La division Amériques, Asie-Pacifique, Afrique Moyen-Orient a vu ses ventes croître de 6,2 % sur le trimestre, contre 4,7 % sur neuf mois, à 9 067 M€.
L'Europe, premier ensemble avec 14 253 M€, a accéléré à 6,9 % au troisième trimestre, contre 2,8 % sur la période cumulée. L'Europe du Nord y contribue avec une hausse de 10,2 % sur le trimestre, tandis que l'activité au Royaume-Uni a progressé de 8,2 %.
L'Amérique latine affiche la croissance géographique la plus élevée, avec 10,9 % sur neuf mois et 12,7 % au troisième trimestre, portée par l'indexation des prix et des gains de contrats, notamment en Colombie et au Chili.
Une partie de la progression publiée tient au périmètre : les acquisitions de Clean Earth et d'Enviropacific ont ajouté 383 M€ au chiffre d'affaires, qui atteint 33 310 M€ contre 32 323 M€.
Les effets de change et de prix des matières premières l'ont réduit respectivement de 87 M€ et 138 M€, l'effet prix et commerce de 746 M€ restant le premier contributeur.
La France et Water Technologies freinent, avec un redressement en fin de période
Deux ensembles ont pesé sur la croissance cumulée. La division France et Déchets dangereux Europe, à 6 571 M€, recule de 0,2 % sur neuf mois, avant une hausse de 0,9 % au troisième trimestre.
En France, les déchets reculent de 2,6 %, notamment du fait d'une politique de sélectivité commerciale, tandis que l'eau progresse de 0,9 %. Les déchets dangereux en Europe ont gagné 6,2 % au troisième trimestre, après un premier semestre affecté par les intempéries et des arrêts d'incinérateurs.
Water Technologies, à 3 403 M€, affiche un recul de 2,5 % sur neuf mois, lié au repli de l'activité Projets, en particulier au Moyen-Orient. L'activité s'est redressée au troisième trimestre, avec des ventes en hausse de 2,3 %, et de 6,4 % hors Projets, tandis que le carnet de commandes a progressé.
Le principal moteur reste l'Eau municipale, dont les ventes progressent de 4,5 %, à 9 762 M€, sous l'effet des hausses tarifaires et de volumes accrus pendant les vagues de chaleur. Les déchets solides accélèrent également, à 4,3 % au troisième trimestre contre 1,1 % sur neuf mois.
Marge d'EBITDA en hausse, dette alourdie par le rachat de Clean Earth
L'EBITDA atteint 5 404 M€, soit une croissance organique de 5,1 %, dans la fourchette annuelle de 5 % à 6 % visée par le groupe. La hausse de la marge tient à l'effet croissance et performance de 303 M€, qui a plus que compensé l'impact défavorable de 74 M€ lié aux prix de l'énergie et des matériaux recyclés.
Le résultat opérationnel courant (avant effets de l'allocation du prix d'acquisition de Suez et de Clean Earth) progresse de 6,7 % à périmètre et changes constants, à 2 950 M€. Il bénéficie de la progression de l'EBITDA, partiellement absorbée par l'augmentation des amortissements.
La dette financière nette s'établit à 25 423 M€, contre 19 657 M€ au 31 décembre 2025. Cette progression reflète principalement le rachat de Clean Earth pour 2 804 M€, le versement de 1 099 M€ de dividendes et le remboursement de 500 M€ de dette hybride, alors que le free cash-flow net ressort à -200 M€.
La variation du besoin en fonds de roulement atteint -1 488 M€, contre -1 272 M€ un an plus tôt, en raison notamment d'allongements des délais d'encaissement au Moyen-Orient. Le groupe confirme un ratio de levier égal ou légèrement supérieur à 3 fois en fin d'année.
Le plan de cessions de plus de 2 Mds€, prévu d'ici mi-2028, compte déjà 570 M€ d'opérations signées, à un multiple de 10,4 fois l'EBITDA 2025. Le groupe maintient par ailleurs son objectif d'une hausse d'au moins 8 % du résultat net courant part du groupe en 2026, Clean Earth devant produire ses premières synergies à partir de 2027.