Airbus présente ses technologies pour son projet d'avion à hydrogène, l'action décolle
L'action Airbus était parmi les plus performantes à la mi-journée, avec une progression de près de 3%, après la présentation du projet au Airbus Summit 2025.
Trois configurations en cours de développement
En 2020, Airbus avait officiellement identifié trois concepts d’avions à hydrogène, avec l’ambition initiale d’une mise en service dès 2035. Echéance depuis repoussée au-delà, en raison de la complexité technologique du projet. Ces trois appareils visent à couvrir un large spectre d’usages :
- Un avion à configuration classique (type monocouloir) pouvant transporter jusqu’à 200 passagers sur plus de 3 500 kilomètres.
- Un avion à hélice d’environ 100 places, destiné aux trajets régionaux.
- Une aile volante de 200 sièges, explorant une configuration radicalement différente pour le stockage de l’hydrogène et la propulsion.
Si l’objectif reste de proposer une alternative crédible aux avions courts et moyen-courriers actuels, l’enjeu est également d’expérimenter des architectures nouvelles, adaptées aux spécificités de l’hydrogène liquide. « L'hydrogène est au cœur de notre engagement en faveur de la décarbonation de l'aviation », a indiqué Bruno Fichefeux, Responsable des Programmes Futurs d'Airbus. « Bien que nous ayons ajusté notre feuille de route, notre engagement en faveur des vols à hydrogène reste inébranlable. À l'instar du secteur automobile, les avions entièrement électriques alimentés par des piles à combustible à hydrogène ont le potentiel, à plus long terme, de révolutionner le transport aérien et de compléter la filière des carburants durables pour l'aviation. »
Un réalisme technologique qui tranche avec l’effet d’annonce
Contrairement à d’autres initiatives plus spéculatives, Airbus reste au plus près des contraintes opérationnelles. En 2023, un système de propulsion à hydrogène de 1,2 MW a été testé avec succès. En 2024, ce sont l’intégration des piles à combustible, moteurs électriques, onduleurs, échangeurs thermiques et transmissions qui ont été validés. Prochaine étape : des essais intégrés au sol dès 2027, au centre de Munich, en partenariat avec Air Liquide.
En parallèle, Airbus a mis en place deux centres de développement zéro-émission dédiés à la fabrication de réservoirs cryogéniques, tandis que le partenariat stratégique avec CFM International prévoit de tester un système complet de propulsion à hydrogène liquide d’ici 2026. Pratt & Whitney, de son côté, travaille sur une turbine capable de fonctionner à l’hydrogène liquide.
Un écosystème en pleine effervescence
Airbus n’est pas la seule entreprise sur ce créneau. Plusieurs acteurs émergents se positionnent sur le créneau de l’hydrogène aéronautique. Blue Spirit Aero développe le Dragonfly, un avion léger 100 % hydrogène destiné à quatre passagers, avec 700 kilomètres d’autonomie. La société Avions Mauboussin mise sur un concept hybride avec son projet Alérion, tandis que le programme Climate Impulse vise un tour du monde sans escale en 2028 à bord d’un avion à hydrogène. Ces projets n’en sont pas au même stade, mais participent à la dynamique globale.
Des contraintes physiques et industrielles encore majeures
Reste que le passage à l’hydrogène implique un saut technologique considérable. Le carburant, s’il est trois fois plus énergétique que le kérosène par kilogramme, nécessite des réservoirs de 4 à 6 fois plus volumineux. Il doit être stocké à -253°C sous forme liquide, imposant des systèmes cryogéniques complexes. Sa distribution en vol demande une adaptation complète des circuits sous haute pression. Et surtout, son intérêt environnemental dépend directement de la capacité à produire de l’hydrogène vert à grande échelle – un défi énergétique et industriel à part entière.