Dette française : la prime de risque remonte à 78 points de base face à l'Allemagne
Le spread entre l'OAT française et le Bund allemand à 10 ans s'établit à 78 points de base ce mardi 24 mars 2026, en repli de 5 points de base par rapport à la veille mais en nette hausse par rapport à la moyenne des trente derniers jours. La tension sur la dette souveraine française reste perceptible, dans un contexte de marchés actions européens sans direction franche.
OAT à 3,79 % : un spread qui dépasse de plus de dix points sa moyenne mensuelle
L'obligation assimilable du Trésor français à 10 ans se traite à 3,79 %, contre 3,90 % la veille, soit un recul de 11 points de base sur la séance. Le Bund allemand, référence sans risque de la zone euro, s'inscrit quant à lui à 3,01 %.
L'écart entre les deux instruments ressort ainsi à 78 points de base, en amélioration de 5 points de base par rapport au niveau de lundi. Toutefois, ce chiffre demeure sensiblement au-dessus de la moyenne calculée sur les trente dernières séances, qui s'établit à 67,8 points de base — soit un excédent de 10,2 points de base par rapport à cette référence.
La lecture de l'historique récent confirme une tendance haussière du spread depuis la mi-mars : parti de 59 points de base fin février, l'écart a progressivement grimpé pour atteindre 83 points de base lundi 23 mars, son plus haut niveau sur la période observée, avant de se replier légèrement ce jour.
Une prime de risque en dérive structurelle, loin des sommets de 2011 mais au plus haut depuis un mois
La remontée du spread OAT/Bund traduit une vigilance accrue des marchés obligataires à l'égard des finances publiques françaises. En l'espace d'un mois, l'écart a progressé de près de 20 points de base, passant d'une zone de confort autour de 59-63 points de base à des niveaux proches de 80 points de base, seuil symbolique qui n'avait pas été durablement franchi ces dernières semaines.
Pour mémoire, le spread OAT/Bund avait culminé à 225,1 points de base le 17 novembre 2011, au plus fort de la crise des dettes souveraines européennes. Le niveau actuel reste donc très en deçà de ces extrêmes historiques, mais le signal de tension élevée retenu par les indicateurs de marché souligne que la trajectoire budgétaire française continue d'être scrutée avec attention.
Du côté des marchés actions, les variations du jour restent modestes et ne reflètent pas de mouvement de risk-off marqué : le CAC 40 progresse de 0,28 % à 7 747,65 points, tandis que le DAX recule légèrement de 0,10 %. L'absence de corrélation forte entre actions et obligations suggère que la tension obligataire est davantage d'ordre idiosyncratique — propre à la signature française — que le reflet d'une aversion généralisée au risque en zone euro.