Iran : la Chambre des représentants vote une résolution de retrait des troupes, quatre républicains lâchent Trump
La Chambre des représentants américaine a adopté une résolution exigeant le retrait des forces engagées contre l'Iran, avec le soutien de quatre élus républicains. Un vote symbolique, neutralisé par le droit de veto présidentiel, mais qui illustre la difficulté politique croissante pour Donald Trump à maintenir l'unité de son camp sur le dossier iranien.
Un vote symbolique qui révèle la fragilité du soutien républicain
La résolution adoptée par la Chambre des représentants demande le retrait des forces américaines engagées contre l'Iran. Sa portée juridique reste limitée puisque la Maison-Blanche dispose d'un droit de veto, mais sa portée politique est réelle : quatre élus républicains se sont joints au texte, signe que la ligne de fermeté défendue par Donald Trump ne fait plus consensus dans son propre camp.
Cette fissure intervient alors que le président américain a déclaré mercredi qu'un accord avec Téhéran pourrait être conclu dès ce week-end, tout en admettant un risque d'échec. La séquence place l'exécutif dans une position délicate : afficher l'ouverture diplomatique pour désamorcer la contestation interne, sans donner le sentiment d'un recul face à l'Iran.
Cette équation politique conditionne la marge de manœuvre de Washington dans les prochaines semaines et la lisibilité des arbitrages budgétaires et militaires américains, deux paramètres clés des anticipations sur le dollar et les taux longs.
Une impasse diplomatique sur fond d'escalade militaire
L'optimisme affiché par Donald Trump est directement contredit par Téhéran. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi affirme qu'aucun progrès tangible n'a été obtenu et conditionne la reprise réelle des négociations à plusieurs exigences, dont la fin de la guerre au Liban et une réduction des tensions régionales.
Sur le terrain, le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril s'effrite. Des drones iraniens ont frappé l'aéroport du Koweït, causant la mort d'un ressortissant indien et faisant 63 blessés, première attaque mortelle dans le Golfe depuis la trêve. Téhéran présente l'opération comme une action d'autodéfense contre des sites utilisés par les États-Unis, ce que le Koweït dément. L'Iran a par ailleurs menacé Washington et Israël d'une riposte « décisive » en cas de nouvelle attaque.
Le volet libanais ajoute une couche d'incertitude : Israël et le Liban ont conclu sous médiation américaine un cessez-le-feu conditionnel, prévoyant l'arrêt des tirs du Hezbollah et son retrait au sud du Litani, avec des zones pilotes sous contrôle de l'armée libanaise. L'accord est contesté à l'intérieur même du gouvernement israélien, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir le qualifiant de « grave erreur ». Le Hezbollah a, de son côté, revendiqué une attaque contre des militaires israéliens dans le nord d'Israël quelques heures avant l'annonce de la trêve. Antonio Guterres a appelé l'ensemble des parties à la « retenue maximale ».
Marché pétrolier : le Brent stagne autour de 97 dollars, l'industrie européenne sous pression
Les prix du brut se maintiennent 50% au-dessus de leur niveau de cet hiver, le Brent atteignant 97,03 dollars le baril et le WTI 94,91 dollars selon les données reprises dans le direct. Le marché intègre désormais la probabilité d'une extension du conflit dans le Golfe, zone stratégique pour l'approvisionnement énergétique mondial.
Cette dynamique prolonge un mouvement déjà engagé depuis le début du conflit fin février et pèse sur les chaînes de coûts européennes. Le maintien du Brent à haut niveau combiné à un PMI manufacturier de la zone euro à 51,6 en mai pose les conditions d'un choc d'offre durable pour l'industrie européenne.
Le contexte d'inflation européenne reste un facteur aggravant : l'IPCH de la zone euro est ressorti à 3,2 % en glissement annuel en mai 2026 selon Eurostat, un plus haut depuis 2023 qui complique la trajectoire de la Banque centrale européenne. Une prolongation de la prime de risque sur le pétrole alimenterait mécaniquement la composante énergie de l'inflation importée, à rebours des anticipations d'assouplissement monétaire.