Le baril de Brent atteint 126 dollars, un plus haut depuis mars 2022
Le Brent a touché 126,41 dollars jeudi matin avant de refluer vers 124,64 dollars, un niveau plus vu depuis mars 2022. Depuis l'attaque menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février 2026, le prix du baril a doublé. Le blocage prolongé du détroit d'Ormuz et la saturation des capacités de stockage dans le Golfe alimentent un choc dont les effets commencent à apparaître dans les statistiques françaises.
Un Brent au plus haut depuis 2022, sur fond de blocus d'Ormuz
Les contrats de juin sur le Brent ont atteint 126,31 dollars ce jeudi matin, avant de revenir à 121 dollars en fin de matinée. Le WTI américain s'établissait au même moment à plus de 110 dollars, en hausse de 2,5 %. Le Brent retrouve ainsi son plus haut niveau depuis mars 2022, période marquée par le choc énergétique consécutif à l'invasion de l'Ukraine.
Le doublement du baril en deux mois traduit la persistance du blocage du détroit d'Ormuz et des flux maritimes liés aux exportations pétrolières iraniennes. Selon les éléments rapportés, la Maison Blanche envisagerait de maintenir le blocus pendant plusieurs mois, Donald Trump ayant déclaré qu'il était « un peu plus efficace que les bombardements ». Cette trajectoire prolonge la dynamique déjà décrite lorsque le Brent franchissait les 114 dollars et que l'Europe chiffrait à plus de 27 milliards d'euros son surcoût d'importations d'énergies fossiles sur soixante jours.
Du choc temporaire au risque structurel sur l'offre mondiale
Au-delà du blocus, le marché pétrolier subit la saturation des capacités de stockage dans le Golfe et la limitation des exportations iraniennes. L'enjeu ne se limite plus à une rupture temporaire d'approvisionnement : il porte sur la possibilité d'un choc structurel si certains puits étaient durablement arrêtés, puis difficiles à remettre en service.
Les analystes cités estiment que le marché pourrait ne pas avoir pleinement intégré les conséquences d'un conflit prolongé au Moyen-Orient. Sur le plan diplomatique, Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les conséquences d'une nouvelle action militaire américaine et israélienne contre l'Iran. Selon le Kremlin, le président russe estime que la prolongation du cessez-le-feu peut laisser une chance aux négociations. Une escalade militaire ou un durcissement du blocus accentuerait en revanche les tensions sur l'offre mondiale.
En France, l'inflation accélère et la croissance cale
Les effets du choc pétrolier commencent à se lire dans les chiffres français. Selon l'estimation provisoire de l'Insee publiée le 30 avril, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2 % sur un an en avril, après 1,7 % en mars et 0,9 % en février. L'accélération vient principalement de l'énergie, dont les prix progressent de 14,2 % sur un an, contre +7,4 % en mars, l'Insee citant le gazole, l'essence et les combustibles liquides. L'indice harmonisé IPCH ressortirait à +2,5 % sur un an en avril, soit 0,4 point au-dessus des 1,8 % anticipés dans la note de conjoncture de mars.
Cette accélération intervient sur une économie déjà fragilisée. Le PIB français est resté stable au premier trimestre 2026, alors que les prévisions tablaient sur une progression de 0,2 % à 0,3 %. La construction a reculé de 1,5 %, notamment dans les travaux publics, et les exportations ont diminué après de fortes livraisons aéronautiques fin 2025.
Les effets pleins du conflit devraient surtout peser à partir du deuxième trimestre. L'Insee relève déjà un net assombrissement du climat des affaires en avril et la plus forte baisse de la confiance des ménages depuis mars 2022.