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Avec les prix et les taux en hausse, le marché immobilier peut-il tenir ?

| Publié le 03-06-2020 17:22 | Mise à jour le 03-06-2020 17:40
Avec les prix et les taux en hausse, le marché immobilier peut-il tenir ?
Crédit(s) photo(s) : (c) Shutterstock  

Selon le baromètre LPI-SeLoger, la hausse des prix de l'immobilier a continué de s'accélérer pendant le confinement. Sur un an, les prix ont progressé en moyenne de 5,2% dans l'ancien. Mais la donne pourrait rapidement changer avec la hausse du taux des crédits constatée en mai.

Des prix qui n'en finissent pas de monter ?

La période de confinement n'y a rien changé. Selon le baromètre LPI-SeLoger, le prix au mètre carré des logements anciens a progressé de 5,2% en un an, et celui des logements neufs de 3,3%. Ces données sont toutefois à analyser avec prudence, puisqu'il s'agit très majoritairement des compromis de ventes signés en avril suite à l'aboutissement de négociations entamées avant la crise du coronavirus.

En effet, peu de logements ont été vendus en avril. Les signatures de compromis ont chuté de 83%. Une baisse « d'une brutalité́ et d'une ampleur jamais observées depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale », estime Michel Mouillart, porte-parole du baromètre LPI-SeLoger.

Un autre phénomène tend aussi à relativiser ces hausses de prix. Les ménages qui achètent les biens les moins chers se sont massivement retirés. Les logements les plus chers ont donc plus de poids dans la moyenne, ce qui tire artificiellement les prix moyens vers le haut.

A lire : Vers la baisse des prix de l'immobilier ? Les professionnels en désaccord


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Une hausse dans 95% des grandes villes de France

Selon le baromètre, la progression des prix de l'immobilier concerne la plupart des métropoles. Certaines voient littéralement les prix des logements neufs s'envoler : +20% à Brest, et entre +10 et +12% sur un an à Rennes, Strasbourg, Toulon, Besançon et Lille. A Paris, le m2 moyen neuf s'achète désormais près de 12.600 euros en moyenne. Dans l'ancien, la hausse annuelle dépasse les 10 % à Mulhouse, Montreuil, Villeurbanne. Metz enregistre +12,4% sur l'année.

Seules 5% des grandes villes ont vu leurs prix reculer en avril, dont Nîmes et Bordeaux. Dans la capitale girondine, où la première baisse a été enregistrée en décembre 2019, le recul est de 1.3 % sur un an. Ce marché reste toutefois à surveiller, puisqu'ils semblent remonter depuis mars (+ 2.3 %). Côté immobilier neuf, seules Aix-en-Provence (- 4 % sur 1 an), Le Mans (- 2 %) et Orléans (- 1 %) accusent une baisse.

La pression sur les prix n'est donc pas redescendue avec le confinement. Du moins pour le moment. Car si l'on en croît SeLoger, le marché subit tout de même une nette modification avec le retrait notable des ménages les moins aisés.



Les taux des crédits ont augmenté en mai

Si les ménages les moins aisés se sont retirés du marché, c'est peut-être aussi à cause du durcissement des conditions de crédit. Rappelées à l'ordre par les autorités, les banques avaient déjà revu leurs exigences à la hausse en fin d'année 2019. Désormais inquiétées par les conséquences de la crise du coronavirus, la plupart des établissements français ont augmenté le taux moyen des crédits immobiliers. Ceux-ci atteignaient 1,25% en moyenne en mai (contre 1,12% fin 2019) selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA.

Il s'agit d'une « réponse à la montée des risques et de l'incertitude sur les évolutions macroéconomiques et financières à venir », explique l'observatoire dans son communiqué. Avec la crise économique naissante, les banques sont moins enclines à prendre des risques. Mais ce ralentissement pourrait freiner le marché à court terme, en empêchant une bonne partie des acquéreurs d'acheter et en tirant mécaniquement les prix à la baisse.

La hausse des taux demande toutefois à être confirmée dans les mois à venir. En mai, l'activité était toujours très ralentie, avec un nombre de crédits immobiliers en baisse de 40 % par rapport à mai 2019. D'autant que pour le moment, l'étude explique que « la remontée des taux de crédits et la poursuite des hausses des prix des logements ont (...) été partiellement compensées par l'allongement des durées », celle-ci étant en moyenne d'un peu plus de 19 ans.


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