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Dans la nuit du 8 au 9 décembre, le trilogue européen a revu à la baisse les seuils d'application de la CSRD. Une décision qui marque un rééquilibrage politique majeur et réintroduit dans le périmètre réglementaire des entreprises qui pensaient en être sorties.
Les nouvelles règles imposent désormais la CSRD aux entreprises de l’UE comptant plus de 1 000 salariés et un chiffre d’affaires net supérieur à 450 M€, contre 1 750 salariés dans la version votée fin novembre. Les entreprises non européennes seront soumises à la même exigence dès lors qu’elles réalisent plus de 450 M€ de chiffre d’affaires dans l’UE. Les PME cotées et les holdings financières restent exclues du dispositif. La décision marque un retournement notable, qui intervient après une phase de simplification jugée excessive par une partie des acteurs économiques.Pour Solène Garcin-Charcosset, directrice conseil ESG chez Tennaxia, ce revirement envoie un message clair : « le Parlement européen était allé trop loin dans la simplification ». Les entreprises de taille intermédiaire ont besoin de référentiels extra-financiers robustes pour structurer leurs relations avec investisseurs, clients et collaborateurs.
La réforme introduit également une dimension plus quantitative dans les reportings. Le reporting sectoriel devient volontaire, et les entreprises de moins de 1 000 salariés pourront s’appuyer sur le standard VSME pour limiter la profondeur des disclosures. En parallèle, le devoir de vigilance ne concernera que les entreprises dépassant 5 000 salariés et 1,5 Md€ de chiffre d’affaires, ce qui maintient son application dans le champ des très grands groupes.L’étude Tennaxia de 2025 rappelle que 67 % des entreprises voient dans la CSRD un levier de résilience, et 62 % un outil de pilotage plus fin de leur performance. La semaine du 10 au 16 décembre sera décisive, avec les votes du Coreper, de la commission des affaires juridiques, puis de la session plénière à Strasbourg. L’enjeu est clair : stabiliser un cadre réglementaire dont les entreprises attendent qu’il soit exigeant, mais surtout prévisible.