Action KERING : progression de 12,21 % en une semaine après un troisième trimestre meilleur qu'attendu
Kering a bénéficié ce jeudi d'une forte impulsion haussière au lendemain de la publication de ses résultats du troisième trimestre. Le titre a grimpé rapidement dès l'ouverture, porté par une performance jugée meilleure que prévu par le consensus d'analystes. Cette dynamique tranche avec la période de fragilité que traverse le groupe de luxe depuis plusieurs mois.
Le titre Kering affiche 351,40 € ce midi, soit une hausse de 10,75 % par rapport à la clôture précédente établie à 317,30 €. Cette progression place le groupe de luxe parmi les plus fortes hausses du CAC 40 jeudi en mi-journée, tandis que l'indice large progresse plus modérément de 0,43 %. La dynamique s'inscrit dans une tendance haussière solidement établie : sur sept jours, Kering a cumulé 12,21 % de gains, et sur trois mois il affiche une performance de 73,45 %, nettement supérieure aux indices de référence. Sur douze mois, le groupe a progressé de 49,91 %, surpassant largement la performance du CAC 40 sur la même période (+9,39 %). Cette envolée contraste fortement avec les fragilités qui ont pesé sur le titre ces derniers mois. Cependant, l'ampleur des échanges reste remarquablement modérée : seuls 0,21 % du capital ont changé de mains jeudi à la mi-journée, suggérant une réaction rapide du marché mais sur des quantités de transactions très réduites. Cette faiblesse des volumes tranche clairement avec l'intensité du mouvement de prix observé et soulève des questions sur la robustesse de l'impulsion haussière. Sur un horizon plus long, le tableau se complexifie : depuis janvier 2025, Kering a progressé de 45,29 %, tandis que sur cinq ans le titre accuse un repli structurel de 37,74 %, illustrant la volatilité extrême qui caractérise le groupe et les cicatrices laissées par les crises d'image affectant ses marques depuis 2020.
Ce redressement spectaculaire trouve son justification directe dans la publication mercredi 22 octobre de résultats du troisième trimestre accueillis favorablement par le marché. Kering a enregistré un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros sur la période juillet-septembre, en baisse de 10 % en données publiées. Ramené à taux de change constant, le recul s'établit à 5 %, dépassant largement les attentes du consensus qui anticipait un repli d'environ 9,6 %. L'amélioration relative comparée au trimestre précédent s'avère significative : le groupe affichait un repli de 15 % au deuxième trimestre, ce qui signale une amélioration tangible de la dynamique commerciale depuis six mois.
La marque phare Gucci, qui génère 38 % des revenus trimestriels, a contribué 1,3 milliard d'euros, en recul de 14 % en données comparables face à une attente de 15,34 %. Cette performance, bien que déclinante pour le septième trimestre consécutif confirmant la fragilité persistante de la marque, a néanmoins montré des signes d'apaisement encourageants. Au sein de Gucci, les ventes en réseau propre se sont contractées de 13 %, mais en amélioration séquentielle notable, bénéficiant d'une meilleure dynamique en Amérique du Nord et Europe de l'Ouest. Le relai a également provenu du succès des nouvelles collections en maroquinerie, segment stratégique du luxe. Le canal wholesale demeure plus tendu, avec un repli de 25 %. Au-delà des chiffres bruts, les analystes ont relevé que le groupe maintenait ses indications concernant la marge brute et la maîtrise des dépenses d'exploitation.
Sur le plan technique, Kering cote au-dessus de ses moyennes mobiles : bien au-delà des 263,41 € (MM50) et 221,42 € (MM200). L'indice de force relative (RSI) s'établit à 66, approchant le seuil de suracheté à 70. Le titre sort des bandes de Bollinger (331,96 € à la hausse). Le MACD affiche une ligne à 15,31 très proche de la signal à 15,28, révélant un momentum en phase d'essoufflement. La faiblesse des volumes demeure une préoccupation majeure.