Afyren s'allie à Minasolve pour produire des molécules biosourcées pour la parfumerie
Le 5 novembre 2026, Afyren (ALAFY) a annoncé s'être associé à Minasolve, branche de chimie verte du groupe Minafin, pour développer puis commercialiser des molécules biosourcées destinées à l'industrie des parfums.
L'accord ouvre au producteur d'acides carboxyliques le marché des dérivés, que le groupe présente comme une opportunité de croissance « mobilisant peu de capitaux ».
Des alternatives biosourcées aux molécules de parfum d'origine pétrolière
L'accord de partenariat associe Afyren, qui produit des acides carboxyliques biosourcés par fermentation de biomasse, à Minasolve, implantée à Memphis (Tennessee) et spécialisée dans les solvants biosourcés, les intermédiaires et les ingrédients. Son objet : développer conjointement, à l'échelle industrielle, puis commercialiser une sélection de molécules utilisées par la parfumerie.
Selon le communiqué, ces molécules sont aujourd'hui fréquemment dérivées du pétrole, alors que les principaux acteurs des cosmétiques et de la beauté recherchent des alternatives biosourcées. Les deux partenaires mettent en avant une origine naturelle et traçable, une empreinte carbone inférieure à celle des équivalents pétrochimiques et des coûts stables et prévisibles.
Une molécule complexe à industrialiser, production visée d'ici deux ans
Le partenariat est conçu par étapes. Après plusieurs mois de travaux en laboratoire, Afyren a validé une voie de production pour un intermédiaire clé, dérivé d'un acide carboxylique déjà présent dans son portefeuille, ce qui ouvre la voie à la fabrication de l'ingrédient final.
Dans les prochains mois, les deux sociétés poursuivront le développement d'une molécule complexe, avant de se concentrer sur l'industrialisation du procédé de fabrication retenu. L'objectif affiché est de lancer la production et la commercialisation de cette molécule d'ici deux ans.
Côté Minasolve, la démarche répond à l'une des priorités de la division Chimie verte et Produits de Spécialités de Minafin : proposer des solutions de substitution durables. Frédéric Marmousez, PDG du groupe Minafin, a déclaré : « En unissant nos forces, nous renforcerons notre proposition de valeur et notre position sur le marché dans certaines applications. »
Valoriser les acides existants par des dérivés, à moindre capex
Le développement de dérivés à partir de ses acides existants constitue une priorité stratégique pour Afyren : il doit assurer une demande récurrente pour les produits du portefeuille, à un coût d'investissement maîtrisé.
Compte tenu de son stade de développement, la société envisage un modèle de sous-traitance avec des industriels, qui permettrait de réduire ses besoins en capex et de raccourcir les délais de mise sur le marché.
Jérémy Pessiot, directeur innovation et cofondateur d'Afyren, a résumé cette logique : « À mesure que notre bioraffinerie monte en puissance, nous renforçons déjà notre présence dans des activités connexes, peu gourmandes en capitaux, qui élargissent notre gamme de solutions pour les marchés finaux. »
Afyren indique développer à ce jour un portefeuille d'une douzaine de projets d'innovation à différents stades de maturité. La société, dont la première bioraffinerie, Afyren Neoxy, est implantée dans le Grand Est, consacre 20 % de son budget annuel à la R&D et employait 140 personnes fin 2025.