Jerónimo Martins : marge d'EBITDA en hausse sur neuf mois, bénéfice net en recul de 14,5 %
Sur les neuf premiers mois de 2026, Jerónimo Martins a amélioré sa marge d'EBITDA dans chacune de ses activités. Elle atteint 7,0 % au niveau du groupe, contre 6,8 % un an plus tôt. Le distributeur, présent en Pologne, au Portugal et en Colombie, a publié le 28 octobre 2026 un bénéfice net en baisse.
L'écart entre ces deux lectures se forme sous la ligne d'exploitation. Il tient à la hausse des frais financiers, liée à l'expansion et à l'appréciation du peso colombien, et à une contribution exceptionnelle à la fondation du groupe après la tempête Kristin au Portugal et le séisme en Colombie. Le flux de trésorerie de la période est devenu négatif.
Ventes en hausse de 4,8 %, bénéfice net ramené à 414 M€
Le chiffre d'affaires consolidé atteint 27,8 milliards d'euros, en hausse de 4,8 % (+ 3,8 % à taux de change constants). Sur le seul troisième trimestre, il progresse de 4,3 %, à 9,53 milliards d'euros. L'EBITDA augmente de 7,6 %, à 1,95 milliard d'euros, et le résultat opérationnel (EBIT) de 6,6 %, à 1 027 M€.
Le bénéfice net attribuable recule en revanche de 14,5 %, à 414 M€, soit un bénéfice par action de 0,66 € contre 0,77 €. Les frais financiers nets passent de 243 M€ à 302 M€, sous l'effet des intérêts sur les loyers capitalisés liés au programme d'expansion et de l'appréciation du peso colombien.
Les autres profits et pertes atteignent -135 M€, contre -66 M€. Ils incluent 40 M€ affectés à la Fondation Jerónimo Martins sur les résultats 2025 et une contribution exceptionnelle de 40 M€ supplémentaires, sans laquelle le bénéfice net serait de 454 M€. Hors autres profits et pertes, le bénéfice par action s'établit à 0,86 €, contre 0,87 €.
Au troisième trimestre, le bénéfice net attribuable s'élève à 154 M€, contre 214 M€. Le bénéfice par action publié, de 0,24 €, se situe sous la moyenne de 0,32 € attendue par quatre analystes ; hors autres profits et pertes, il ressort à 0,34 €.
Biedronka compense la déflation par les volumes, Ara accélère en Colombie
Biedronka, qui représente 67,9 % des ventes du groupe, a réalisé 18,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 0,7 % (+ 1,3 % en monnaie locale). En Pologne, l'inflation alimentaire est revenue à -0,6 % au troisième trimestre, et le panier moyen de l'enseigne a reculé.
Les ventes à magasins comparables baissent de 0,4 % sur neuf mois et de 1,8 % au troisième trimestre, malgré des volumes en hausse d'environ 5 %. La marge d'EBITDA progresse néanmoins à 8,2 %, contre 7,9 %, grâce à l'optimisation des processus en magasin et à un mix de ventes plus favorable.
Au Portugal, les ventes de Pingo Doce progressent de 4,1 %, à 4,1 milliards d'euros, mais leur évolution à magasins comparables hors carburant est nulle au troisième trimestre. Recheio, dont le canal HoReCa a été touché au premier trimestre par la tempête Kristin, affiche une hausse de 1,5 %.
L'EBITDA de la distribution au Portugal augmente de 6,4 %, à 306 M€, pour une marge de 5,9 % contre 5,8 %. En Pologne, la chaîne de drogueries Hebe (1,7 % des ventes) dégage un EBITDA de 46 M€, en hausse de 22,3 %.
En Colombie, Ara a réalisé 3,2 milliards d'euros de ventes, en hausse de 37,9 % en euros et de 20,6 % en monnaie locale, avec une croissance à magasins comparables de 8,2 % (11,0 % au troisième trimestre). Son EBITDA progresse de 62,6 %, à 151 M€, et sa marge passe de 4,0 % à 4,7 %.
L'enseigne a ouvert 85 magasins sur la période, soit 68 en net. Lors de la publication semestrielle du 29 juillet 2026, le groupe avait mentionné 200 ouvertures prévues en Colombie en 2026.
Trésorerie nette ramenée à 118 M€, perspectives de juillet réitérées
Le flux de trésorerie ressort à -183 M€, contre + 128 M€ un an plus tôt. La variation du besoin en fonds de roulement pèse pour -517 M€ (contre -102 M€), ce que le groupe relie à la déflation et à une dynamique promotionnelle plus forte. Les investissements réalisés atteignent 603 M€, contre 765 M€.
Après le versement de 408,5 M€ de dividendes, la trésorerie nette hors IFRS 16 s'établit à 118 M€ à fin septembre, contre 467 M€ un an plus tôt. En incluant les loyers capitalisés, la dette nette atteint 4,4 milliards d'euros.
Pedro Soares dos Santos, président et directeur général, indique que l'environnement concurrentiel reste très exigeant et qu'aucun relâchement de la pression exercée par le coût du carburant sur les entreprises et les ménages n'est attendu.
Le groupe a réitéré les perspectives présentées dans son communiqué du 29 juillet 2026. Son EBITDA consolidé a progressé de 7,6 % sur neuf mois, à 1,95 milliard d'euros, avec une marge en hausse dans chacune de ses activités.