STMicroelectronics dévisse de 17 % en pleine après-midi, le CAC 40 décroche sous les 8 320 points
Le CAC 40 chute lourdement, cédant 1,49 % à 8 312,12 points. La dispersion est brutale, avec seulement cinq valeurs dans le vert contre 35 dans le rouge, dans un climat toujours plombé par la flambée du Brent à près de 100 dollars et l'attentisme avant la BCE.
Une séance parisienne sous double pression
L'ambiance est nettement défensive à Paris, à l'image d'une Europe entière dans le rouge : le DAX perd 1,15 %, le FTSE 100 recule de 0,68 %, et le STOXX 600 cède 1,19 %. Deux dossiers dominent la lecture de la séance. D'un côté, la toile de fond géopolitique reste anxiogène : le Brent s'est hissé mercredi à près de 100 dollars le baril, au plus haut depuis six semaines, sur fond de onzième nuit consécutive de frappes américaines contre l'Iran et de menaces sur les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb. De l'autre, les investisseurs digèrent une salve de publications trimestrielles au sommet de la cote parisienne, avec en épicentre un résultat décevant de chez STMicroelectronics qui déstabilise l'ensemble de la tech européenne.
Les opérateurs restent également suspendus à la décision de la Banque centrale européenne attendue dans la journée, avec une posture de « pause faucon » anticipée par le marché, susceptible de laisser la porte ouverte à un nouveau tour de vis en septembre si la remontée des prix de l'énergie se confirme.
Dassault Systèmes et TotalEnergies sauvent l'honneur
Dans un tableau très restreint, Dassault Systèmes s'impose comme la plus forte hausse du CAC 40 avec un bond de 6,76 %. L'éditeur a publié des résultats du deuxième trimestre en ligne avec ses objectifs, affichant une croissance de 4 % à taux de change constants et une marge opérationnelle non-IFRS portée à 30 %. Le groupe a par ailleurs annoncé le rachat d'ArisGlobal pour 1,8 milliard de dollars, une plateforme de conformité dédiée aux sciences de la vie, segment sur lequel l'éditeur cherche précisément à retrouver de la dynamique.
Thales suit avec une progression de 4,37 % à 236,70 euros, portée par l'environnement géopolitique tendu qui continue de soutenir l'ensemble du secteur défense. TotalEnergies gagne 2,60 % à 76,22 euros après avoir publié un cash-flow trimestriel de 9,8 milliards de dollars et un résultat net ajusté de 6 milliards, dans un environnement de prix pétroliers élevés. Le major a également porté son deuxième acompte sur dividende à 0,90 euro par action, en hausse de 5,9 % sur un an. Publicis (+0,25 %) et Engie (+0,18 %) complètent, plus modestement, le très étroit peloton des hausses.
STMicro s'effondre, le luxe et la banque décrochent
La plus lourde sanction du jour frappe STMicroelectronics, qui plonge de 17,23 % à 48,23 euros. Le fabricant franco-italien a certes dépassé les attentes en chiffre d'affaires, avec 3,49 milliards de dollars au deuxième trimestre (+26 % sur un an), mais la rentabilité déçoit : le résultat d'exploitation publié se limite à 187 millions de dollars, alourdi par 58 millions de charges de restructuration et 24 millions d'effets liés à l'acquisition de l'activité capteurs MEMS de NXP. La marge brute ressort à 34,8 %.
Derrière ce décrochage isolé, la sanction est plus large. Eurofins Scientific perd 4,79 % à 67,20 euros. Le compartiment bancaire est également malmené, avec un repli de 3,23 % pour Société Générale à 75,54 euros, dans le sillage d'une dégradation générale des valeurs financières européennes. Le luxe n'échappe pas au mouvement : Kering recule de 2,83 % à 243,65 euros et L'Oréal cède 2,76 % à 370,15 euros, dans un secteur toujours pénalisé par les interrogations sur la demande en Asie et la remontée des tensions commerciales.