Le CAC 40 résiste autour des 8 476 points sur fond de détente pétrolière
À la mi-journée ce vendredi, l'indice parisien grappille 0,1 % à 8 476,5 points, dans un marché partagé où dix-huit valeurs progressent contre vingt-et-une en repli. La cote française avance à contre-courant de Londres et de Hong Kong, dans une séance dominée par la lecture du tournant plus restrictif de la Réserve fédérale et la réouverture progressive du détroit d'Ormuz.
Une séance parisienne tiraillée entre Washington et le Golfe
L'ambiance à Paris est celle d'un marché à deux visages. D'un côté, le repli des cours du brut, après la signature mercredi d'un mémorandum d'entente entre Washington et Téhéran visant à mettre fin au conflit et à rouvrir le détroit d'Ormuz, allège les anticipations d'inflation à court terme et soutient certains compartiments cycliques. De l'autre, le maintien des taux des fonds fédéraux à 3,50–3,75 % mardi, accompagné d'un « dot plot » désormais orienté vers une possible hausse d'ici la fin de l'année, pèse sur les valeurs les plus sensibles aux taux longs.
Le contraste est net avec les autres places. Le DAX progresse de 0,7 % à Francfort, mais le FTSE 100 décroche de 1,08 % à Londres, pénalisé par le poids des majors pétrolières dans son indice. À la clôture de la veille, le Dow Jones avait cédé 0,84 % et le Hang Seng a terminé en recul de 2,32 %. Le STOXX 600 européen évolue en léger retrait de 0,28 %, ce qui souligne la résistance relative du compartiment parisien à la mi-journée.
Renault en tête, l'automobile et l'énergie tirent la cote
Le palmarès des hausses est dominé par Renault, qui bondit de 3,29 % à 27,92 euros. Le constructeur a finalisé la reprise à 100 % de Flexis, en rachetant les participations de Volvo Group et de CMA CGM, et confirme le lancement fin 2026 du Trafic Van E-Tech Electric à Sandouville. Le titre profite aussi du lancement par Valeo de son essieu électrique 48 V à deux vitesses, codéveloppé avec le losange et retenu par Dacia pour ses Duster, Bigster et Striker.
Sanofi gagne 2,07 % à 74,86 euros, dans le sillage des laboratoires européens. TotalEnergies avance de 1,81 % à 71,61 euros, alors que le groupe a présenté à VivaTech MethaneLive, son centre mondial de supervision en temps réel des émissions de méthane. La major française tient son rang en dépit du recul du Brent, qui a glissé sous 78 dollars après le passage de huit navires (dont trois superpétroliers saoudiens) à travers le détroit d'Ormuz.
Stellantis prend 1,2 % à 5,64 euros, soutenu par l'annonce d'un partenariat avec Wayve et Uber autour de robotaxis autonomes de niveau 4. Thales complète le tableau avec une hausse de 1,07 % à 235,10 euros, la défense restant un thème porteur sur la cote parisienne.
Le luxe et l'immobilier coté pèsent sur l'indice
À la baisse, L'Oréal recule de 1,68 % à 381 euros et signe la plus forte baisse du CAC 40, malgré l'annonce de l'acquisition d'une participation majoritaire dans l'indien Innovist et de l'alliance scellée avec OpenAI autour du modèle GPT-Rosalind. Le compartiment du luxe se replie dans son ensemble, Kering cédant 1,37 % à 272,75 euros.
Unibail-Rodamco-Westfield perd 1,53 % à 97,94 euros, illustration de la pression exercée par les anticipations de taux plus longtemps élevés sur l'immobilier coté. EssilorLuxottica abandonne 0,68 % à 176,40 euros, malgré son accord avec Applied Materials dans les lunettes intelligentes. Vinci recule de 0,65 % à 129,80 euros après la publication de chiffres de trafic en demi-teinte pour mai, avec un trafic autoroutier en léger rebond mais un cumul annuel encore négatif.