L'action Air France-KLM s'envole de près de 9 % et casse sa résistance à 11,74 €
Le titre de la compagnie franco-néerlandaise signe une envolée spectaculaire à la mi-séance et prend la tête du SBF 120. Le mouvement intervient dans un marché parisien euphorique, alors que le baril de Brent reflue nettement sous 90 dollars. La compagnie franchit dans la foulée un verrou technique surveillé depuis plusieurs semaines.
Un bond de près de 9 % qui propulse le titre en tête du SBF 120
L'action Air France-KLM bondit de 8,64 % à 11,89 € à la mi-journée, signant la plus forte hausse du SBF 120. Le titre devance Eramet (+8,29 %) et Vicat (+6,73 %) dans un indice qui gagne 1,65 %. Le mouvement profite d'un environnement énergétique nettement plus favorable : le Brent reflue de 5,17 % en séance à 88,29 $/baril, après l'annonce par Donald Trump de l'annulation de frappes prévues contre l'Iran et l'évocation d'un possible accord de paix. Ce repli allège mécaniquement la facture carburant des transporteurs aériens, un facteur qui avait déjà soutenu le rebond de 17 % en une semaine fin mai. Airbus progresse de 3,24 % en parallèle, tandis qu'ADP gagne 5,08 %.
Sur un mois, l'action affiche désormais une performance de 17,04 %, et de 27,44 % sur un an. Le bond du jour s'accompagne d'un franchissement technique notable : le titre a cassé en séance sa résistance à 11,74 €, identifiée comme un verrou depuis plusieurs semaines, et se maintient au-dessus. Le cours évolue à 8,84 % au-dessus de sa MM20 (10,92 €) et à 16,75 % au-dessus de sa MM50 (10,18 €), confirmant la dynamique haussière de moyen terme. Le RSI à 56 reste en zone neutre, ce qui laisse de la marge avant une configuration de surachat.
Une valorisation qui reste modérée après un rallye de 27 % sur un an
Au-delà du mouvement du jour, le profil de valorisation reste contenu après ce parcours. Selon le consensus des analystes recensés, l'action se paie environ 3,6 fois les bénéfices de l'exercice en cours et 2,4 fois ceux de l'exercice suivant, des multiples qui traduisent la prudence persistante du marché sur le secteur aérien malgré la trajectoire récente. Fin mai, Morgan Stanley était passée à l'achat avec un objectif de 11,50 €, désormais dépassé par le cours du jour. Sur le terrain stratégique, le directeur général Benjamin Smith s'est dit récemment ouvert à une offre commune avec le fonds américain Castelake sur EasyJet, sans pour l'heure y être impliqué.
L'environnement macro reste néanmoins à surveiller. La BCE a relevé ses taux directeurs de 25 points de base ce 12 juin, première hausse depuis septembre 2023, en réponse à un retour de l'inflation au-dessus de l'objectif lié au choc énergétique. La trajectoire du baril, dont la prime de risque géopolitique reste élevée tant que les tensions dans le détroit d'Ormuz ne sont pas durablement levées, constituera le principal point de repère pour la suite du mouvement. Au-dessus de 11,74 €, le titre évolue désormais en territoire dégagé jusqu'à ses plus hauts annuels.