Schneider Electric lève 6 milliards d'euros en obligations pour financer le rachat de Ptc
Après l'augmentation de capital annoncée le 20 octobre 2026, le groupe de Rueil-Malmaison a ajouté au financement de son acquisition un volet obligataire de même montant. Les échéances s'étalent de 2028 à 2046.
La dette rejoint l'augmentation de capital dans le financement de PTC
Schneider Electric a lancé le 26 octobre 2026 une émission obligataire de rang senior de 6,0 milliards d'euros, répartie en plusieurs tranches. L'opération a été réalisée dans le cadre de son programme EMTN (Euro Medium Term Note), qui encadre ses émissions de dette à moyen terme.
Les titres présentent une maturité moyenne de 8,2 ans et un coupon moyen d'environ 4,3 %. Ces deux paramètres résument la durée et le coût de la dette levée, donc la charge d'intérêts que le groupe s'engage à supporter sur plusieurs années.
La transaction s'inscrit dans le financement de l'acquisition de l'éditeur américain PTC Inc., annoncée précédemment par le groupe. Elle fait suite à l'augmentation de capital de 6,0 milliards d'euros réalisée sous la forme d'un placement accéléré, sans droit préférentiel de souscription des actionnaires, et annoncée par communiqué le 20 octobre 2026.
Le financement du rachat comprend ainsi désormais deux volets de montant identique : 6,0 milliards d'euros levés en actions et 6,0 milliards d'euros levés en obligations. Lors de la mise en place du placement accéléré, il avait été indiqué que ce volet actions serait accompagné de futures émissions de dette.
Ce schéma mixte répartit l'effort entre deux catégories d'investisseurs. Les actionnaires ont été sollicités au travers de l'augmentation de capital réservée aux investisseurs qualifiés, tandis que les créanciers obligataires apportent la seconde partie des fonds, rémunérée par les coupons détaillés par le groupe pour chacune des tranches.
Des coupons de 4,000 % à 5,000 % selon l'échéance, plus une tranche variable
La tranche la plus courte, de 750 millions d'euros, arrive à échéance en novembre 2028. Elle porte un taux variable, indexé sur l'Euribor 3 mois majoré de 0,45 %.
Les autres tranches sont à taux fixe. Celle de 1 milliard d'euros, à échéance novembre 2030, porte un coupon de 4,000 % pour un taux implicite de 4,084 %. Celle de 1,25 milliard d'euros, à échéance novembre 2032, offre un coupon de 4,250 % et un taux implicite de 4,320 %.
Deux tranches de 1,25 milliard d'euros chacune arrivent à échéance en décembre 2035 et en novembre 2038, avec des coupons respectifs de 4,500 % et 4,750 %, pour des taux implicites de 4,543 % et 4,760 %.
La plus longue, de 500 millions d'euros, court jusqu'en novembre 2046 avec un coupon de 5,000 % et un taux implicite de 5,081 %.
La grille fait apparaître une progression régulière du coupon avec la durée, de 4,000 % pour l'échéance 2030 à 5,000 % pour l'échéance 2046. Pour chaque tranche à taux fixe, le taux implicite ressort légèrement au-dessus du coupon.
Les montants les plus élevés se concentrent sur les échéances intermédiaires, avec trois tranches de 1,25 milliard d'euros placées entre 2032 et 2038. Les deux extrémités du calendrier, 2028 et 2046, portent les montants les plus faibles, ce qui étale les remboursements de 2028 à 2046.
Une émission placée pendant un repli de l'action
Ce placement intervient alors que l'action Schneider Electric évolue en repli. Au 26 octobre 2026, le titre affichait une baisse de 19 % sur un mois, après avoir enfoncé un support à 235,75 € le 23 octobre 2026.
Le recul du titre s'est poursuivi après la publication, le 16 octobre 2026, d'un chiffre d'affaires du troisième trimestre supérieur aux attentes, assortie du relèvement d'un objectif annuel par le groupe.