Titan : ventes en hausse de 8,8 % sur neuf mois, l'EBITDA recule de 9 % au troisième trimestre
Titan a publié le 5 novembre 2026 des comptes sur neuf mois dans lesquels les ventes et l'EBITDA évoluent à des rythmes distincts. Le chiffre d'affaires du cimentier a progressé de 8,8 %, à 2 189 M€. Sur la même période, l'EBITDA a augmenté de 1,7 %, à 482 M€, et recule de 2,0 % à périmètre et changes constants.
La marge d'EBITDA se replie ainsi de 1,5 point, à 22,0 %. Le troisième trimestre accentue cet écart : les ventes y progressent de 12,5 %, mais l'EBITDA baisse de 9,0 %, à 170 M€. Le groupe invoque la hausse des coûts d'énergie et de matières premières, un arrêt non programmé aux États-Unis et une base de comparaison élevée.
Les acquisitions portent la croissance, l'EBITDA recule à périmètre constant
L'écart entre données publiées et données à périmètre et changes constants tient aux trois acquisitions consolidées en 2026, en France, en Turquie et aux États-Unis, qui représentent environ 700 M€ d'investissement depuis le début de l'année. Elles ont apporté plus de 150 M€ de ventes et 28 M€ d'EBITDA sur neuf mois.
À périmètre et changes constants, la croissance des ventes revient à 5,0 % sur neuf mois et à 1,5 % au seul troisième trimestre. L'EBITDA recule, lui, de 2,0 % sur neuf mois et de 17,6 % sur le trimestre.
Le groupe fait état d'un surcroît de plus de 40 M€ de coûts d'énergie et de matières premières hors effet de périmètre, concentré sur le troisième trimestre. Le programme d'efficacité Project Prime a généré environ 40 M€ d'économies, qui ont compensé en partie la hausse des coûts de production et de distribution.
Avec des amortissements portés à 153 M€, contre 128 M€, le résultat avant dépréciation du goodwill, frais financiers et impôts recule de 345 M€ à 329 M€. Au troisième trimestre, la marge d'EBITDA descend à 22,1 %, alors qu'elle dépassait 27 % un an plus tôt.
Les États-Unis freinent l'EBITDA, la Grèce et la Méditerranée orientale progressent
Les États-Unis, qui réalisent plus de la moitié des ventes du groupe, concentrent le recul. Leur chiffre d'affaires progresse de 2,0 %, à 1 152 M€, mais leur EBITDA baisse de 11,4 %, à 228 M€.
Le groupe chiffre à environ 12 M€ l'impact d'événements ponctuels, dont un arrêt prolongé de l'usine de Pennsuco, en Floride, au deuxième trimestre et un arrêt non programmé à Roanoke, en Virginie, au troisième. S'y ajoutent une demande résidentielle freinée par les taux hypothécaires en Floride et une météo défavorable en septembre.
Pour y répondre, des hausses de prix ont été annoncées sur le ciment, le béton prêt à l'emploi et les granulats à compter de janvier 2027.
Ailleurs, les régions progressent : en Grèce et en Europe de l'Ouest, l'EBITDA augmente de 31,0 %, à 74 M€ (+19,1 % à périmètre et changes constants), pour des ventes en hausse de 19,5 %, à 460 M€.
En Méditerranée orientale, l'EBITDA progresse de 40,8 %, à 63 M€, dont +17,9 % à périmètre et changes constants. L'Europe du Sud-Est reste le deuxième contributeur à l'EBITDA du groupe, avec 116 M€, en hausse de 1,5 %, pour des ventes en progression de 6,4 %.
Résultat net ajusté en hausse de 8,7 %, dette nette portée à 958 M€
Le résultat net part du groupe progresse de 41,7 %, à 242 M€, et de 8,7 % en données ajustées, l'exercice précédent ayant supporté un impact de 51,9 M€ lié à la cession d'Adoçim en mai 2025. La hausse s'appuie sur la quote-part des sociétés associées et sur les gains monétaires nets liés à l'hyperinflation en Turquie.
Au troisième trimestre, le résultat net recule de 13,2 %, à 89 M€. Sur neuf mois, le free cash-flow opérationnel baisse à 297 M€, contre 307 M€, principalement en raison de besoins en fonds de roulement plus élevés, y compris ceux des sociétés acquises.
La dette nette atteint 958 M€ fin septembre, sous l'effet des trois acquisitions et du dividende versé en juillet, pour un levier de 1,56 fois. Dans l'intervalle, S&P a relevé la note de long terme du groupe de BB+ à BBB-, en catégorie investissement.
Pour 2026, Titan anticipe une croissance des ventes à un chiffre élevé, une croissance de l'EBITDA à un chiffre moyen et des investissements d'environ 300 M€, après 248 M€ sur neuf mois. Avant la publication, les analystes attendaient un chiffre d'affaires annuel de 2,92 milliards d'euros, contre 2,67 milliards en 2025.
L'objectif d'EBITDA suppose un rythme supérieur à celui des neuf premiers mois. Le groupe l'adosse en partie aux acquisitions, dont la contribution doit passer d'environ 28 M€ à fin septembre à environ 45 M€ sur l'exercice, puis dépasser 100 M€ en 2029.